MCG, dirigée par l’influente femme d’affaires Ida Nel, avait obtenu en 2013 et pour quinze ans la gestion et l’exploitation du site portuaire de Longoni. Mais le tribunal administratif de Mayotte, saisi par l’Union maritime de Mayotte (UMM), avait prononcé la résiliation de cette délégation par un jugement de juin 2025, dont MCG avait fait appel.
La cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé mardi cette résiliation anticipée.
Dans sa décision, la cour relève que MCG a manqué à ses obligations en s’abstenant de transmettre certains documents, ses rapports annuels d’activité ou son plan d’investissements, faisant ainsi obstacle au contrôle de la gestion du port par le département.
La cour estime que MCG a réclamé aux usagers, « de manière délibérée », des tarifs « dépourvus de toute base légale », en se prévalant notamment d’un arrêté tarifaire que la cour juge « dépourvu de toute authenticité ».
« Eu égard à la gravité et à la persistance » de ces manquements, la poursuite du contrat est « manifestement contraire à l’intérêt général », conclut la cour qui valide en conséquence la résiliation.
MCG a de son côté fait valoir que la résiliation compromettait un programme d’investissements de 250 millions d’euros pour moderniser le port, mais les juges ont relevé qu’il n’avait pas été approuvé par le département.
La résiliation a été différée au 1er septembre pour assurer la continuité de l’approvisionnement de l’archipel, dont la quasi-totalité des biens transitent par Longoni, unique port commercial de Mayotte, et permettre au département d’organiser la gestion future du service.
Ida Nel avait dénoncé auprès de l’AFP en début d’année « une injustice » due, selon elle, à des « négligences de la part du département », et dit redouter une décision « dangereuse pour Mayotte ».




