Des bateaux de pêche portant des banderoles « pêcheurs en colère » mouillaient devant la capitainerie, pendant qu’une délégation de représentants syndicaux a été reçue par la préfète Chantal Mauchet.
Une rencontre saluée par Bernard Perez, président du comité régional de pêche d’Occitanie, « mais on n’a pas de réponses à nos attentes », a-t-il déploré, ajoutant que « le mouvement risque de se durcir ».
Les comités régionaux des pêches de l’arc méditerranéen et de Corse, les trois organisations de producteurs (OP) de Méditerranée, et des syndicats de marins (salariés et patronaux) ont annoncé un mouvement commun qui « se poursuivra tant que des réponses concrètes n’auront pas été apportées aux principales revendications de la profession ».
« Les gens sont dans le désarroi le plus total », a décrit Bernard Perez, évoquant le prix du gazole de pêche détaxé, à 1,20 euros, « pas tenable », malgré les aides du gouvernement à la profession, reconduites jusque fin octobre.
Il a aussi rappelé les « charges administratives » qui pèsent sur la profession: « aujourd’hui un pêcheur tout seul, sur 5 jours de travail, il pêche 3 jours et il travaille administrativement deux jours, c’est plus concevable ».
Christine Poncharreau, présidente du Comité régional des pêcheurs maritimes de Paca, dont une délégation a rejoint Sète pour ce premier jour de mobilisation, pointe aussi « le réglement West Med (qui encadre le chalutage, ndlr) », « de plus en plus restrictif ». Résultat, assure-t-elle: « les jeunes ne veulent plus s’installer, les plus âgés partent à la retraite, donc on subit une diminution sans précédent de notre flotte », a-t-elle détaillé.
Une vingtaine de bateaux de pêche venus notamment de Banyuls-sur-mer, Argeles-Saint-Cyprien et du Barcarès a aussi bloqué lundi matin le port de Port-Vendres dans les Pyrénées-Orientales (PO), selon Manu Martinez, vice-président comité local pêche de l’Aude et des PO et pêcheur à Port-vendres.
Il subit la hausse du gazole, dont le coût « représente les trois quarts des frais qu’on peut avoir sur une journée de pêche » quand avant « c’était 30% » –la guerre au Moyen-Orient ayant entraîné ces derniers mois une hausse des prix du carburant.
La France est le deuxième producteur européen de produits de la pêche, derrière l’Espagne, avec 477.000 tonnes de poissons et crustacés pêchés en 2024, quasi stable (+1%) par rapport à 2023, selon les données du gouvernement.




