« Ils ont dit que nous devions partir. Nous n’avons pas le choix », explique Sayiba John, 33 ans, qui a fui le township de Nazareth avec son mari et leurs trois enfants.
Sa fille, élève en 2e année d’école primaire, a été contrainte d’abandonner ses examens. « Il vaut mieux que notre gouvernement nous emmène loin d’ici plutôt que d’affronter la colère des Sud-Africains », a-t-elle déclaré à l’AFP.
Mathews Chakwamba, l’un des leaders communautaires qui coordonnent les opérations de secours, a déclaré que le nombre de Malawites sur le site de Durban avait fortement augmenté ces derniers jours.
« De plus en plus de gens arrivent. Ils veulent tous rentrer chez eux », a déclaré cet homme de 51 ans. M. Chakwamba a indiqué qu’un Malawite avait été poignardé par un groupe d’agresseurs lundi soir, mais qu’il avait réussi à s’échapper.
Plus de 150 Malawites ont été transportés en autocar depuis la province du Cap-Occidental (sud-ouest) en Afrique du Sud durant le week-end.
Depuis des semaines, des groupes armés de bâtons, de fouets et de boucliers marchent dans certaines parties du pays en exigeant que les étrangers sans papiers quittent le territoire avant le 30 juin.
Deux Mozambicains ont selon la police été tués il y a plus d’une semaine dans la ville côtière de Mossel Bay, dans le sud du pays, faisant craindre une répétition des effusions de sang qui ont marqué de précédentes flambées de sentiment anti-migrants. Les autorités mozambicaines avancent un bilan de cinq morts.
Les organisations humanitaires avertissent que la situation pourrait se transformer en crise humanitaire. Environ 150 migrants, dont des personnes originaires du Burundi, d’Ethiopie et du Zimbabwe, ont installé un campement dans un bureau gouvernemental situé à quelque 7 kilomètres du township de Nazareth.
Le Ghana, le Zimbabwe et le Mozambique comptent parmi les pays qui ont rapatrié des centaines de leurs ressortissants ce mois-ci.
Le premier groupe de Nigérians à être évacués doit quitter Johannesburg dans la nuit à bord d’un avion spécial.
L’Afrique du Sud, première économie du continent, est depuis longtemps une destination pour les travailleurs africains, en situation régulière comme irrégulière.
Mais elle est confrontée à des vagues récurrentes de violences xénophobes depuis 2008, année où des dizaines de migrants ont été tués et des milliers d’autres déplacés.
La dernière flambée intervient alors que les partis politiques cherchent à rallier des soutiens avant les élections municipales de novembre.
Selon l’agence de statistiques, quelque 3 millions d’étrangers, soit 5,1% de la population, vivent dans le pays.




