Seine-et-Marne: un village fâché avec la Marine qui le prive d’une route

La route, qui traverse de part en part le centre de transmissions militaires de Saint-Assise, stratégique pour la Marine nationale qui l’utilise pour communiquer avec les sous-marins nucléaires, a été fermée lundi matin, à la suite d’un arrêté préfectoral.

“Dès qu’on s’approche pour prendre des photos, des soldats armés s’approchent”, raconte la maire, Marie-Claude Pignoux. Elle dit se battre depuis 2007 pour éviter cette fermeture, qui “enclave” le village et ferait perdre “20 minutes” à ceux de ses 1.137 administrés qui veulent rejoindre le reste de l’Ile-de-France matin et soir.

“Nous demandons qu’en contrepartie de la fermeture, l’Etat paye pour construire une voie de substitution”, dit la maire, qui place désormais ses espoirs dans un recours formé devant le tribunal administratif de Melun.

De son côté, la préfecture de Seine-et-Marne souligne que Boissise-la-Bertrand est la seule des 3 communes traversée par cette route qui a refusé d’appliquer l’interdiction de circulation à partir de lundi, forçant le préfet, Nicole Klein, à se substituer à l’édile.

Cette décision a été prise pour préserver “la confidentialité des émissions radio” de l’armée, et la question d’une route alternative, “qui se pose depuis 18 ans n’a pas de solution évidente”, a déclaré Mme Klein à l’AFP, laissant entendre que le ministère de la Défense pourrait contribuer à financer la construction d’une future route.

Certains habitants ne décolèrent pas : “on est des paria enfermés dans notre village”, s’inquiète Monique Dufieux, femme de ménage. “Je mets sept minutes tous les matins pour aller travailler, ça va tripler mon temps de parcours”, dit-elle, regrettant que la mairie n’ait “pas cherché plus tôt” un compromis avec l’armée.