SNCM: après le compromis, les salariés doivent entériner la reprise

Du vote des syndicats dépendra la reprise des traversées du continent vers la Corse, dont l’économie a sérieusement pâti du mouvement.

Environ 200 marins se réunissaient jeudi matin sur le Danielle Casanova, l’un des bateaux de l’opérateur historique de ces traversées, dans une ambiance tendue, a constaté jeudi matin un journaliste de l’AFP. La réunion, dont les journalistes ont été exclus, est prévue pour durer plusieurs heures.

En sortant des négociations, le secrétaire général de la CGT, représentant des personnels sédentaires, Jean-François Simmarano, pensait “être en capacité de proposer une reprise du travail”, mais ses collègues préféraient renvoyer la décision aux AG.

En signe d’apaisement, cependant, les marins CGT ont accepté de lever le siège du Kalliste, bateau de la Méridionale bloqué à quai depuis une semaine par du personnel gréviste. Mercredi matin, le Kalliste se trouvait toujours à quai à Marseille, mais libre de tout mouvement.

Le dénouement des discussions a ainsi permis de faire baisser la tension, montée d’un cran en fin d’après-midi mercredi, alors que plusieurs centaines de personnes avaient convergé vers le quai dans la soirée, pour défendre le navire face à une éventuelle intervention des forces de l’ordre.

Parmi eux, des agents portuaires qui menaçaient de bloquer le port. Cela n’a pas été nécessaire, car les syndicats de la SNCM ont obtenu peu ou prou ce qu’ils souhaitaient.

Eux qui avaient fait un pas en avant dès le début des discussions en acceptant l’idée d'”un nouveau plan” industriel avec la nouvelle direction mise en place pour leur actionnaire majoritaire Transdev (66%), synonyme de nouveau plan social, souhaitaient “un cadre sécurisé”. En clair: pas de redressement judiciaire d’ici la fin de l’année, le temps de travailler sur le plan et de rechercher de nouveaux actionnaires.

Ce compromis, sur la table dès lundi, n’a finalement été adopté que mercredi soir, après de multiples interruptions de séances durant lesquels les émissaires de Transdev en référaient à leur direction. “Cette médiation aurait pu se tenir en une journée lundi, elle aurait pu se tenir bien avant même le début de la grève, durant les préavis”, regrettait, amer, Pierre Maupoint de Vandeul, représentant de la CFE CGC officier.

Il déplorait également la “terrible crise de confiance avec (les) actionnaires (Etat et Transdev, NDLR) et avec le gouvernement” après les propos de Manuel Valls demandant la mise en redressement, alors même que les négociations se tenaient.

– Ouf de soulagement en Corse –

En attendant, les représentants du monde économique corse vont pouvoir pousser un “ouf” de soulagement avec la reprise probable, après 17 jours d’interruption, des traversées de la SNCM, qui achemine la majorité du fret sur Marseille, grâce à ses ferries mixtes capables de charger un nombre important de camions.

Depuis le début de la grève, les professionnels ont fait entendre leurs colère à plusieurs reprises, avec des actions parfois violentes, comme la prise d’assaut du navire Jean-Nicoli à Porto-Vecchio la semaine dernière ou le saccage de l’agence SNCM de Bastia mercredi.

L’économie corse est en effet sérieusement affectée depuis le début de la grève, des débuts de pénuries sur certaines denrées étant observées sur l’île, où l’essentiel de l’alimentation est importée et où la population triple en été avec les touristes.

Une délégation de représentants des secteurs de l’industrie, du tourisme, des transports, de l’agriculture et de l’artisanat, a accepté d’être reçue à Matignon par Manuel Valls jeudi à 17H00, après des propos jugés “apaisants”.

Cette grève “remet en cause la survie même de l’entreprise (SNCM) et la survie même de l’économie corse”, avait déclaré M. Valls à l’Assemblée nationale, disant entendre “l’exaspération des milieux économiques corses” auxquels il doit “parler des mesures de compensation”.

Cette rencontre à venir ajoutait à l’amertume mercredi soir des syndicats SNCM, qui déploraient que M. Valls “reçoive ceux qui cassent” et pas “ceux qui défendent les emplois”.

Et, jeudi matin, juste avant les AG, Frédéric Alpozzo exigeait d’ailleurs que les organisations syndicales soient également reçues “dans les heures qui viennent” par le Premier ministre.

tlg/mfo/ggy

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