SNCM: pour Giacobbi, l’Etat n’assure pas la liberté de circulation

L’État n’assure pas sa prérogative, “en dépit de ses engagements réitérés”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse, en citant le Kalliste, navire de la Méridionale retenu à Marseille malgré une décision de justice enjoignant le recours à la force publique, ou encore le blocage récent dans les ports de l’Île-Rousse, Porto-Vecchio et Marseille.

“Il résulte des carences de l’État un service de transport des marchandises entre la Corse et le continent extrêmement dégradé, puisqu’il se réduit à deux navires opérant entre Toulon et Bastia-Ajaccio, avec des contraintes opérationnelles très lourdes à l’escale de Toulon entraînant des retards et des surcoûts considérables”, a souligné Paul Giacobbi.

Face à cette situation, la CTC, “autorité organisatrice des transports entre la Corse et le continent”, a décidé de “mettre en oeuvre tous recours indemnitaires à l’encontre de l’État pour couvrir l’ensemble des dommages”, a-t-il prévenu.

M. Giacobbi a appelé “solennellement le Premier ministre à s’exprimer sans délai, en tenant le langage de la vérité sur la situation de l’entreprise (SNCM, ndlr), en enjoignant aux salariés de cesser un mouvement qui amènera la perte de l’entreprise et de l’emploi (…), et en prenant aussitôt les dispositions nécessaires à l’ouverture de ce dialogue”.

Selon lui, “la situation financière de la société, sa crédibilité vis-à-vis de la clientèle sont en passe de s’effondrer, à tel point et si vite qu’il serait trop tard dans quelques jours, pour mettre en oeuvre ces dispositions vitales”.

Lançant un appel à la raison aux grévistes et aux socioprofessionnels insulaires qui se radicalisent, le président du conseil exécutif a finalement déclaré que la CTC pourrait être amenée “à faire application dans les jours qui viennent de la décision de justice exécutoire (de l’UE, ndlr) qui fait obligation à l’entreprise SNCM de rembourser les aides accordées dans le cadre du service complémentaire”.

“Ceci aurait pour conséquence d’interdire tout versement de compensation financière prévu (…) à concurrence de 200 millions d’euros”, a prévenu le président du conseil exécutif.

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