Impliquée depuis une décennie dans les sauvetages en mer, l’ONG estime que « cet environnement opérationnel, de plus en plus hostile en Méditerranée centrale, n’aurait pas pu perdurer sans l’élargissement de la coopération européenne avec les acteurs libyens en matière de dissuasion migratoire. »
Evoquant « un phénomène nouveau et préoccupant », SOS Méditerranée a recensé entre juin et juillet, à sept reprises au moins, des navires « liés à des acteurs libyens », certains « non-identifiés », qui se sont approchés « à grande vitesse » de bateaux de sauvetage, ou les ont suivis des heures durant – des « poursuites » jusque dans les eaux internationales, accuse l’ONG.
Il y a aussi, note l’ONG, une « augmentation significative de la présence de vedettes rapides non identifiées, liées à différents groupes armés en Libye. »
« Ces embarcations ont été observées procédant à des interceptions violentes, notamment en percutant délibérément des embarcations transportant des personnes en détresse et en effectuant des manoeuvres mettant leur vie en danger », poursuit SOS Méditerranée.
Il y a un an, dans les eaux internationales, son navire l’Ocean Viking était la cible d’une attaque imputée aux garde-côtes libyens – qui n’avait pas fait de blessés. Deux hommes à bord d’un patrouilleur avaient ouvert le feu, exposant l’équipage et 87 rescapés « à des tirs incessants pendant au moins vingt minutes », avec « plus de 100 balles » tirées, avait rapporté l’ONG.
Un an plus tard, malgré des procédures judiciaires en Italie, en France et en Allemagne, « les autorités européennes et nationales sont restées silencieuses », « les responsables de l’attaque n’ont pas été identifiés », déplore SOS Méditerranée, réitérant un appel pour « une enquête complète et indépendante afin d’établir les responsabilités autour de cette attaque. »
En août, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) annonçait que le nombre de décès de migrants en Méditerranée centrale avait fortement augmenté, alors que le nombre de migrants est en baisse en raison de politiques européennes plus strictes.
Selon l’OIM, 821 personnes sont mortes ou ont disparu au cours des quatre premiers mois de 2026, soit une augmentation de 111% par rapport à 2025.
Au cours de la même période, les arrivées de migrants sur le même itinéraire ont chuté de 46%, atteignant le nombre de 8.577.




