« L’abondance des stocks de poisson en Europe est en progression, et pas en régression », hormis en Méditerranée, en état de « surpêche », a déclaré Ray Hilborn, professeur de biologie des pêches à l’université de Washington (Seattle).
Il estime également que l’état des stocks est « bon » en Amérique du Nord, par exemple en Alaska, mais reconnaît des « inquiétudes » pour l’état des ressources en Asie, en Afrique et en Amérique latine, régions pour lesquelles les données disponibles sont quasi inexistantes.
Le scientifique, considéré comme l’un des grands spécialistes mondiaux de son domaine, s’exprimait lors d’un colloque organisé par l’association de promotion de la pêche française France Filière Pêche.
Selon M. Hilborn, « les stocks sont stables ou en hausse lorsqu’une gestion des pêcheries est appliquée », comme en Europe.
Ses conclusions sont issues d’une étude de trois ans menée au sein d’une équipe internationale de scientifiques, universitaires et membres d’agences gouvernementales.
L’évaluation a porté sur environ 40% des stocks mondiaux de poisson. Les scientifiques ne disposent pas de suffisamment de données sur les 60% restants.
L’association française d’halieutique (AFH) avait toutefois tenu à nuancer les propos de M. Hilborn, en publiant quelques jours avant sa venue à Paris sa propre analyse sur l’état des stocks de poisson en Europe.
L’AFH fédère des scientifiques de l’Ifremer, de l’IRD, de l’Irstea, de l’Inra et des grandes écoles ou universités travaillant sur le domaine des pêches.
« Au niveau européen, on est encore loin d’un niveau durable » des stocks, a expliqué à l’AFP Didier Gascuel, président de l’AFH.
« Entre 2000 et 2010, la pression de pêche exercée sur les ressources marines présentes dans les eaux Atlantiques européennes a fortement diminué, ce qui a permis une très nette amélioration de l’état des stocks », selon une note d’analyse de l’AFH.
Mais « au cours des quatre dernières années, l’amélioration semble s’être interrompue », alors qu’en parallèle « la pression de pêche ne diminue plus et augmente même de 10% au cours de la dernière année connue ».
Seuls 38% des stocks évalués atteignent les objectifs de gestion durable fixés par l’UE, tandis qu’en Méditerranée « plus de 90% des stocks évalués sont surexploités », souligne l’AFH.
Interrogé sur le financement de ses travaux, M. Hilborn a précisé que 60% des fonds venaient de fondations et d’ONG environnementales, 30% du gouvernement américain et d’organisations internationales et 10% de l’industrie de la pêche.




