Le bateau est soupçonné d’une pêche consistant à prélever les nageoires des requins avant de les rejeter à la mer vivants, les condamnant à une mort douloureuse. Cette pratique est interdite dans la région.
Avec sa zone économique exclusive de 3,5 millions de km2, les Kiribati suscitent l’intérêt des entreprises d’Etat chinoises depuis qu’elles ont coupé leurs liens diplomatiques avec Taïwan en 2019, au profit de Pékin.
L’archipel accueille également des forces de police chinoises.
Le navire chinois était autorisé à naviguer dans les eaux de Kiribati, mais il a été arraisonné après que la police maritime a trouvé des ailerons de requin à son bord, a indiqué lundi le commandant Tom Redfern à l’AFP.
Le navire « a été escorté vers l’île Christmas », un atoll au sud d’Hawaï, « pour faire l’objet d’une enquête plus approfondie », a précisé M. Redfern.
Il fait partie des quatre navires interceptés pour pêche illégale dans le cadre d’une opération de répression menée du 3 au 14 août par onze nations insulaires du Pacifique, avec le soutien de la garde côtière américaine dans certaines zones et d’un avion militaire australien.
Les Kiribati ont récemment renforcé leur coopération avec la France et des militaires français doivent arriver le mois prochain sur l’île Christmas pour reconstruire les commissariats locaux.
La pêche aux ailerons a entraîné un « déclin massif » des populations de requins, conduisant à la mise en place de contrôles stricts dans le Pacifique, a expliqué Andrew Chin, chercheur en pêche à l’université James Cook en Australie. Mais les pratiques illégales sont difficiles à détecter, estime-t-il.
Des analyses ADN menées sur des milliers d’ailerons vendus sur les marchés de Hong Kong ont révélé que ceux-ci provenaient de la région.
« Nous avons trouvé des preuves d’un commerce illégal provenant des côtes occidentales et orientales du Pacifique » affirme Demian Chapman, qui a mené ces recherches.
Entre 2008 et 2026, les inspecteurs de la Commission des pêches du Pacifique occidental et central ont émis 278 avis de sanction à l’encontre de bateaux de pêche chinois, soit le deuxième plus grand nombre après Taïwan (319).




