Un projet de centrale marémotrice géante dévoilé au Royaume-Uni

Ce projet consiste à ériger près de Cardiff un lagon artificiel, dans l’estuaire de la Severn, ce fleuve qui sépare le Pays de Galles du sud-ouest de l’Angleterre.

Ce lagon serait équipé de 90 turbines exploitant les marées pour produire de l’électricité, a expliqué dans un communiqué Tidal Lagoon Power, la société à l’origine du projet.

Par son ampleur, ce projet dépasse a priori toutes les installations marémotrices existantes ou en projet. L’usine marémotrice de Cardiff aurait une capacité énorme, qui pourrait aller de 1.800 à 2.800 mégawatts selon le schéma retenu, soit l’équivalent de deux ou trois réacteurs nucléaires de taille moyenne.

De quoi alimenter en électricité 1,5 million de foyers, soit plus que la totalité des habitants du Pays de Galles, et ce pendant 120 ans, selon Tidal Lagoon Power.

En comparaison, la célèbre centrale marémotrice de la Rance, en Bretagne (ouest de la France), mise en service dans les années 1960, dispose d’une capacité de 240 mégawatts seulement.

Longtemps la plus grande installation du genre, l’usine de la Rance a été supplantée en 2011 par la centrale de Sihwa, en Corée du Sud, pays où une autre usine marémotrice de plus de 1.000 mégawatts devrait être inaugurée cette année, à Incheon.

Le projet de Cardiff n’en est toutefois qu’à ses débuts. Tidal Lagoon Power espère soumettre une demande de permis de construire en 2017, en vue d’une mise en service potentielle en 2022.

Le coût total du projet n’est pas chiffré mais l’entreprise estime que pour être rentable, l’électricité produite devrait être vendue entre 90 et 95 livres par mégawattheure, un prix de revient proche des nouveaux réacteurs nucléaires projetés au Royaume-Uni.

Si la taille du projet donne le tournis, l’entreprise n’en est pas à son coup d’essai : Tidal Lagoon Power est déjà derrière un projet de centrale du même type dans la baie de Swansea, toujours au Pays de Galles, d’une capacité plus modeste de 320 mégawatts, qui lui permettrait de démontrer la faisabilité de sa technologie, et constituerait une première mondiale.

La remise éventuelle d’un permis de construire pour ce projet pilote, qui suscite l’intérêt officiel du gouvernement britannique, est attendue en juin.

L’entreprise a confirmé par ailleurs envisager quatre autres centrales du même type sur les côtes britanniques, soulignant que si l’ensemble de ses projets voyaient le jour, ils pourraient couvrir 8% des besoins en électricité du Royaume-Uni.

Le Royaume-Uni, qui dispose du meilleur potentiel en la matière en Europe, est en pointe dans l’exploitation des énergies marines renouvelables (EMR), des plus avancées comme les éoliennes marines, à celles encore balbutiantes comme les hydroliennes.

Les hydroliennes sont des turbines actionnées par les courants marins, sans être intégrées à un ouvrage de type barrage ou lagon.

Le gouvernement a ainsi donné le mois dernier son feu vert à la construction d’un double parc d’éoliennes en mer du Nord, au large de la côte nord-est de l’Angleterre, qui pourra alimenter simultanément 1,8 million de foyers.

L’estuaire de la Severn est une des zones jugées les plus propices pour développer les énergies marines. Depuis les années 1970, plusieurs projets de barrages, similaires à l’usine de la Rance, ont été proposés sans succès dans la zone, non sans soulever des craintes concernant l’impact sur l’écosystème fluvial. Le dernier en date a été rejeté par le gouvernement en 2013.

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