Les Houhtis « annoncent un blocus maritime contre l’ennemi saoudien criminel, selon le principe +oeil pour oeil+, avec effet immédiat », a déclaré leur porte-parole militaire, Yahya Saree, sans préciser comment la formation comptait mettre en oeuvre cette mesure.
L’annonce intervient après des échanges de tirs la semaine dernière pour la première fois depuis des années, mettant en péril la trêve négociée en 2022, toujours active malgré son expiration.
Ces hostilités font suite à la récente tentative d’atterrissage à Sanaa d’un avion iranien en provenance de Téhéran, défiant l’hégémonie saoudienne sur l’espace aérien yéménite.
S’il entrait en vigueur, le blocus accentuerait la pression sur l’économie saoudienne, et les marchés mondiaux, en coupant au royaume l’accès à ses ports de la mer Rouge, cruciaux pour le commerce pétrolier, alors que la reprise du conflit entre Téhéran et Washington limite le passage par le détroit d’Ormuz.
Pour Farea al-Muslimi, chercheur au groupe de réflexion londonien Chatham House, « il s’agit d’une tentative des Houthis d’entrer, de fait, en guerre avec l’Arabie saoudite ». Une guerre « contre le transport saoudien est une guerre contre le monde », a-t-il ajouté.
Les Houthis ont déjà tenté de bloquer le trafic maritime en mer Rouge, en tirant parti du détroit de Bab el-Mandab, un goulet d’étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.
Pendant la guerre à Gaza, ils avaient lancé des attaques de drones et missiles en mer Rouge et dans le golfe d’Aden, contraignant les bateaux à contourner l’Afrique pour rallier l’Europe.
Le port saoudien de Yanbu, situé sur la mer Rouge, permet au royaume d’exporter son pétrole en contournant le détroit d’Ormuz.
« Même si aucun navire n’est attaqué, l’annonce risque à elle seule de perturber le trafic maritime et de semer le doute dans les ports saoudiens. La question cruciale reste de savoir si les Houthis passeront des menaces à l’action », a estimé Mohammed al-Basha, du cabinet de conseil en gestion des risques Basha Report.
Selon le porte-parole houthi, la mesure répond au blocus imposé par l’Arabie saoudite aux « ports et aéroports » des rebelles, ainsi qu’à l’attaque de l’aéroport de Sanaa. « Tout acte insensé commis par l’ennemi saoudien (…) se heurtera à une escalade globale et décisive », a-t-il ajouté.
Les Houthis avaient tiré le 13 juillet des missiles et drones contre l’aéroport international d’Abha, dans le sud saoudien, en riposte à une attaque du gouvernement yéménite contre l’aéroport de Sanaa – la capitale qu’ils contrôlent – pour empêcher l’atterrissage d’un avion iranien transportant une délégation rebelle de retour de Téhéran.
Les Houthis ont imputé cette attaque à l’Arabie saoudite, qui dirige une coalition militaire appuyant le gouvernement yéménite.
Depuis plus d’une décennie, cette coalition contrôle l’espace aérien du Yémen, affirmant agir à la demande du gouvernement du pays.
Délenchée en 2014, la guerre entre ce dernier et les Houthis a fait des centaines de milliers de morts et plongé le pays dans une grave crise humanitaire.




