L’oeuvre, intitulée « Non-lieu », représente un homme noir brandissant une tête aux traits du président de la République, arborant le drapeau guadeloupéen. Elle avait été exposée début 2025 à Pointe-à-Pitre, lors d’une exposition collective consacrée au chlordécone.
Ce pesticide a été autorisé dans les bananeraies antillaises jusqu’en 1993 sous dérogation, quand le reste du territoire français en avait interdit l’usage. En janvier 2023, la justice a rendu un non-lieu dans cette affaire après seize années de procédure.
Le chef de l’État avait déposé plainte pour provocation et complicité de « provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit », sans se constituer partie civile.
La salle du tribunal correctionnel était comble pour ce procès mettant en cause François Moulin, dit Blow, ainsi que deux organisateurs d’exposition.
« Au regard du contexte actuel, qui attise les actes violents, la diffusion d’un tableau représentant la tête du président de la République doit être condamnée », a estimé la procureure Caroline Calbo, tout en requérant la dispense de peine pour les trois prévenus.
Mme Calbo a salué « le supplément d’âme » apporté par les débats autour de la liberté d’expression, tout en affirmant que « ce procès n’est pas politique, n’est pas celui du chlordécone ».
La défense a dénoncé une « procédure bâillon ». « Nous sommes dans une pantalonnade », a fustigé Me David Koubbi, avocat du commissaire d’exposition.
« Nous faudrait-il un guide de ce qu’il faut peindre ou non ? » a interrogé Me Evelyne Démocrite, avocate de l’un des deux responsables de l’exposition.




