Boris Nadejdine a indiqué sur Telegram que des policiers étaient venus à son domicile et l’avaient « emmené au tribunal ».
Il est accusé de « démonstration de symboles extrémistes » pour une vidéo de 2023 dans laquelle figure une photo de l’opposant Alexeï Navalny, décédé dans une prison de l’Arctique en février 2024, peu avant l’élection présidentielle.
S’il est reconnu coupable, il ne pourra pas se présenter aux élections du 20 septembre, a déclaré son avocat, Dmitri Trunine, sur Telegram.
L’ancien député libéral de 63 ans, qui fait partie des rares à critiquer publiquement Vladimir Poutine et l’offensive russe en Ukraine sans être en prison ou en exil, avait été classé « agent de l’étranger » vendredi, selon l’agence de presse étatique Tass.
L’infraction administrative lui fait encourir 15 jours d’arrestation, a indiqué Tass lundi.
Boris Nadejdine était en train de rassembler les signatures nécessaires afin de candidater pour la Douma, la chambre basse du Parlement russe, aux prochaines législatives en septembre.
Il avait déclaré la semaine dernière que sa classification comme « agent de l’étranger » ne le freinerait pas et qu’il prévoyait de contester cette qualification « idiote » en justice.
« Je suis le seul candidat d’opposition indépendant en Russie qui recueille des signatures », a-t-il déclaré dans une vidéo sur Youtube. Il y critiquait directement Vladimir Poutine.
« Les conséquences de la guerre sont évidentes pour tout le monde », affirmait-il, citant la « crise du carburant » causée par les frappes de drones ukrainiens et l’inflation.
« La voie sur laquelle Poutine mène le pays depuis toutes ces années, 25 ans de pouvoir, est un chemin de militarisation, d’isolationnisme et d’autoritarisme », disait-il. « C’est un chemin qui mène au chaos et – Dieu nous en garde – à l’exemple de 1917 », ajoutait-il, faisant référence à la révolution russe.
Fin 2023, ce vétéran discret de la vie politique russe s’était lancé dans la campagne présidentielle: il était alors le seul opposant à Vladimir Poutine et à son offensive en Ukraine à se présenter pour le scrutin de mars 2024.
Mais en février 2024, la Commission électorale avait rejeté sa candidature, l’instance chargée d’organiser les scrutins, fidèle au Kremlin, affirmant avoir trouvé des irrégularités dans les 100.000 signatures d’électeurs recueillies.




