Revue de ces localités hautement stratégiques pour le trafic maritime et l’industrie pétrolière:
– Larak
Cette petite île, située à l’est de l’île de Qeshm et au sud de l’île d’Ormuz, occupe une position particulièrement stratégique à l’endroit le plus étroit d’Ormuz, voie maritime qui se trouve au coeur des tensions entre Washington et Téhéran.
Site majeur d’exportation de pétrole iranien depuis 1987, elle abrite une base militaire de l’Iran.
Lors de la première phase de la guerre, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines, elle a été baptisée « péage de Téhéran » par la société de données maritime Lloyd’s List Intelligence, car elle était longée par une route maritime temporairement approuvée par les Gardiens de la Révolution.
Ils avaient mis en place un système d’enregistrement de « navires approuvés » devant s’acquitter d’un gros montant pour passer.
– Kharg
Bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes, Kharg abrite le plus grand terminal pétrolier de l’Iran qui assure environ 90% de ses exportations de brut, selon une note de la banque américaine JP Morgan.
Elle a été la cible mi-mars de « l’un des raids aériens les plus puissants de l’histoire au Moyen-Orient », selon Donald Trump, qui a assuré y avoir détruit « toutes les cibles militaires ». Il a ajouté que les infrastructures industrielles y avaient été volontairement épargnées.
Kharg a connu un fort développement pendant l’essor pétrolier de l’Iran dans les années 1960 et 1970, une grande partie du littoral étant trop peu profonde pour accueillir des superpétroliers.
L’île reste « une pierre angulaire de l’économie iranienne et une importante source de revenus pour les Gardiens de la Révolution », souligne JP Morgan, en faisant référence à l’armée idéologique de la République islamique.
Durant les négociations en vue d’un protocole d’accord en juin, Donald Trump avait brièvement menacé de « prendre l’île de Kharg », réitérant une idée déjà brandie au cours du conflit. Mais il serait « très difficile » de mener une opération militaire sur cette île entièrement recouverte d’infrastructures pétrolières, d’oléoducs et de réservoirs, selon lui, estime l’expert Farzin Nadimi.
– Qeshm
Plus grande île du Golfe, Qeshm s’étend sur une centaine de kilomètres dans le détroit d’Ormuz. Elle est une destination touristique de choix pour les Iraniens grâce à son patrimoine géologique classé par l’Unesco, ses plages, ses mangroves et son atmosphère décontractée.
Le port de Qeshm est l’une des portes d’entrée pour les produits venus des Emirats.
A proximité, figurent les petites îles d’Ormuz et de Larak, en bonne partie militarisées.
La semaine dernière, le territoire a été touché à plusieurs reprises « par des missiles américains », selon les autorités locales, citées par des médias iraniens.
– Les îlots disputés
L’Iran contrôle trois îlots – la Petite Tumb, la Grande Tumb, Abou Moussa – en plein milieu du Golfe, qui sont aussi revendiqués par les Emirats.
Avec un autre îlot, Siri, « ces îles sont bunkerisées, transformées en mini-forteresses, avec des missiles antinavires », expliqué à l’AFP le directeur de recherche du centre de recherche FMES Pierre Razoux.
Cet expert compare ces îles à l’île de Tarawa dans les Kiribati, qui avait été le théâtre d’une féroce bataille en 1943 entre les Japonais qui l’occupaient et les Marines américains.
Téhéran y a installé des contingents de la force maritime des Gardiens de la Révolution, qui ont déployé en 2025 de nouveaux systèmes de missiles capables, selon eux, de cibler les « bases, navires et équipements ennemis » à proximité, selon des médias iraniens.
Si ces îlots étaient « contrôlés par les Etats-Unis, cela empêcherait les Iraniens de les utiliser à des fins offensives contre le trafic maritime », analyse M. Razoux.
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