Dans un communiqué, le Premier ministre Sébastien Lecornu détaille 11 millions d’euros pour la fin 2026 et 50 millions pour démarrer 2027, via un projet de loi de finances de fin de gestion, texte ajustant le budget de l’année en cours.
Le gouvernement propose ensuite entre 400 et 460 millions d’euros dans le budget 2027, dont « une majorité de subventions », un soutien « conditionné à des réformes » et présenté comme « en hausse » par rapport à la trajectoire initiale.
Cette proposition correspond « grosso modo à 90% de nos demandes », a réagi la présidente du Congrès de Nouvelle-Calédonie, Virginie Ruffenach (loyaliste), venue à Paris avec une délégation transpartisane d’élus de cet archipel du Pacifique sud.
Pour la fin 2026, « ça correspond à la totalité de nos demandes », avec « les 61 millions d’euros supplémentaires pour tenir jusqu’à l’année prochaine ».
Pour 2027, « on était parti sur 500 millions d’euros », a-t-elle expliqué, alors que l’État en propose au maximum 460. « Donc on est un peu en dessous de ce que l’on avait envisagé, mais c’est une très bonne nouvelle », a-t-elle poursuivi, avant d’appeler à « consolider tout ça dans les jours à venir avec le Premier ministre ».
– « Clarifications nécessaires » –
Mais « il y a des clarifications nécessaires », a prévenu la présidente du Congrès. Les 61 millions d’euros sont « une avance de trésorerie », à rembourser: « Nous avions convenu avec le Premier ministre que ça soit une forme de subvention l’année qui suit pour qu’on puisse rembourser », a-t-elle rappelé.
Autre point à clarifier, la répartition des 460 millions d’euros entre « la part de subvention et la part de prêt ». « Nous ne voulons plus endetter la Nouvelle-Calédonie. Donc nous avons sollicité une part de subvention importante », a-t-elle insisté, le territoire ayant jusqu’à présent reçu « très majoritairement des prêts ».
Emmenée par le président du gouvernement calédonien Milakulo Tukumuli (centriste), la délégation est venue peser sur le niveau et la nature du soutien de l’État. « On ne peut plus nous prêter de l’argent », avait martelé mercredi M. Tukumuli. « C’est intenable pour une petite collectivité. »
Depuis la crise du Covid-19 puis les émeutes de 2024, la Nouvelle-Calédonie a emprunté environ 1,58 milliard d’euros en prêts garantis par l’État (PGE), auxquels s’ajoutent près de 1,09 milliard d’euros d’intérêts sur la durée des prêts, selon le gouvernement calédonien.
Rien qu’en 2027, il faudra rembourser environ 79 millions d’euros, d’où l’objectif de remplacer les prêts par des subventions.
Le besoin de financement pour 2027 atteint environ 580 millions d’euros, dont 127 millions pour équilibrer le régime des retraites du secteur privé et 190 millions pour combler le déficit de l’assurance maladie, deux régimes en déficit notamment à cause de la perte de plusieurs milliers d’emplois, donc de cotisations sociales, toujours selon le gouvernement calédonien.
La Nouvelle-Calédonie reste durablement affaiblie par les violences du printemps 2024, qui ont fait 14 morts et plus de deux milliards d’euros de dégâts. Au total, 12.800 emplois ont été détruits depuis 2024.




