Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, Ryad a accru le recours à cet oléoduc, d’une capacité de 7 millions de barils par jour (mb/j), débouchant sur la mer Rouge à l’ouest de la péninsule arabique.
« Le pipeline a été fermé par précaution », a déclaré vendredi un responsable du ministère de l’Energie cité par l’agence de presse officielle SPA, ajoutant que les attaques avaient fait plusieurs blessés.
Des images satellite diffusées par Eumetsat montraient une épaisse fumée noire jeudi matin s’élevant au-dessus de cet oléoduc stratégique.
Le ministère des Affaires étrangères saoudien a condamné vendredi « le ciblage du pipeline Est-Ouest dans les régions de Ryad et de Médine (ouest, ndlr) par plusieurs drones en provenance d’Irak, ce qui a causé des blessures humaines et des dégâts qui sont en cours de réparation ».
Les services du Premier ministre irakien, Ali al-Zaïdi, ont confirmé que l’attaque venait du territoire irakien et ont annoncé sur X le limogeage du commandant chargé de la province de Missan (sud).
Le gouvernement irakien a condamné les attaques « qui ont visé le Royaume frère d’Arabie saoudite et (réaffirmé) son rejet de toute agression portant atteinte à la sécurité et à la stabilité du Royaume », selon un communiqué.
Ryad a précisé avoir choisi « à la demande du Premier ministre irakien » de « ne pas réagir à ce stade et de soutenir les efforts du gouvernement irakien (…) pour empêcher les attaques lancées depuis l’Irak contre le Royaume et les pays voisins ».
Le pays avait précédemment accusé des milices irakiennes soutenues par l’Iran d’avoir pris pour cible ses infrastructures pétrolières.
– Blocus maritime –
L’Arabie saoudite, comme plusieurs pays du Golfe alliés des Etats-Unis, a été attaquée à plusieurs reprises par l’Iran ces derniers mois en représailles des bombardements de l’armée américaine.
Le royaume dirige aussi la coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite face aux rebelles houthis pro-iraniens, qui ont lancé cette semaine une attaque d’ampleur contre son territoire.
Les autorités du Bahreïn, de Jordanie et du Qatar, ont condamné les attaques contre le pipeline saoudien, le Conseil de coopération du Golfe dénonçant « une escalade dangereuse et une menace inacceptable contre la sécurité du Royaume ».
Depuis le début de la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, Ryad a augmenté les volumes de brut transportés par cet oléoduc, qui relie Abqaiq, près du Golfe, au port de Yanbu sur la mer Rouge, pour contourner le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran.
Signe de la fébrilité des marchés, après six mois d’une guerre régionale qui ébranle l’économie mondiale, les cours du pétrole ont franchi à nouveau le seuil symbolique des 100 dollars mercredi, le baril de Brent, référence internationale, finissant la semaine autour de 104 dollars.
En juillet, les Houthis avaient annoncé un blocus maritime contre l’Arabie saoudite – qui soutient le gouvernement yéménite- attaquant des pétroliers saoudiens en mer Rouge.
En prenant le contrôle vendredi de la côte yéménite sur la mer Rouge et des îles du détroit de Bab el-Mandeb, les Houthis pro-iraniens ont consolidé leur emprise sur ce passage stratégique reliant l’Europe à l’Asie.
La navigation dans le détroit de Bab el-Mandeb est « sûre » pour tous sauf pour l’Arabie saoudite, ont affirmé vendredi les Houthis.
Témoignant des difficultés rencontrées par Ryad, la production saoudienne de pétrole a légèrement baissé en août, à 6,24 millions de barils/jour, contre 8,1 millions/jour en juillet, selon le rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) publié jeudi.




