Ces nouvelles violences urbaines avaient débuté jeudi à la faveur de la mobilisation de groupes anti-migrants à Durban et Johannesburg, pour dénoncer une circulaire du gouvernement ordonnant aux bureaux d’accueil des réfugiés de traiter les demandes d’asile, à la suite d’une décision en juillet de la Cour constitutionnelle.
La plus haute juridiction a estimé que certains obstacles procéduraux imposés aux demandeurs d’asile étaient contraires à la Constitution sud-africaine. La Cour constitutionnelle a notamment réaffirmé le droit pour une personne entrée illégalement dans le pays de déposer une demande d’asile.
Vendredi, espérant faire baisser la tension, le gouvernement a annoncé le retrait de la circulaire, pour se donner le temps de revoir son dispositif d’enregistrement des demandes. En vain.
A Durban, qui abrite de nombreux étrangers, en situation régulière ou non, des manifestants en colère ont sillonné la ville, armés de bâtons.
Un ressortissant étranger, qui a souhaité garder l’anonymat, a déclaré à des journalistes avoir été frappé par des manifestants qui lui ont volé son portefeuille et son téléphone. Ailleurs, trois maisons ont été incendiées et des magasins pillés.
« J’ai décidé de venir à la marche parce que je suis inquiet de ce qui se passe dans ce pays », a déclaré Vusi Gumede, un manifestant de 43 ans, évoquant le trafic de drogue et la traite d’êtres humains. « Si le gouvernement ne prête pas attention (…) il y aura davantage » de violence, a-t-il ajouté, désignant une petite maison en flammes.
Un autre rassemblement s’est tenu vendredi devant les locaux de la Cour constitutionnelle à Johannesburg. Jeudi, une dizaine de véhicules avaient été incendiés dans le grand township voisin de Soweto.
A la suite de la publication de la circulaire gouvernementale, de longues files d’attente étaient apparues devant les antennes du ministère de l’Intérieur dans plusieurs grandes villes du pays. Le ministère a admis que ses services avaient été « submergés en quelques jours ».
Les groupes anti-migrants ont dans la foulée remobilisé leurs troupes. Ces mêmes groupuscules ont mené ces derniers mois une vaste campagne contre les sans-papiers marquée par des violences xénophobes, ce qui a déclenché l’exode de plus de 160.000 personnes, selon un décompte de l’AFP à partir de chiffres gouvernementaux.
Au moins quatre migrants ont trouvé la mort dans des violences liées au mouvement, selon la police.
Première économie du continent, l’Afrique du Sud attire depuis longtemps les migrants, mais elle est confrontée à un taux de chômage supérieur à 30% et à de profondes inégalités.
Depuis plus de 20 ans, le pays est en proie à des violences xénophobes régulières.




