La Commission des programmes spéciaux de sécurité a « déclaré la nullité » de la délibération qu’elle avait prise le 22 septembre car le lanceur d’alerte n’avait pas été « dûment informé des motifs de cette décision » et n’avait pas eu l’occasion de la contester, a expliqué le ministère de la Justice dans un communiqué.
Le dispositif de protection, qui devait prendre fin samedi, reste donc en vigueur dans l’attente d’une nouvelle décision de cette commission, a précisé le gouvernement.
Vendredi dernier, les avocats de Rui Pinto avaient dénoncé l’irrégularité de cette procédure, en soulignant que des menaces réelles pesaient sur leur client, agressé à Lisbonne en avril.
« Je n’ai d’autre choix que de déménager, dans les prochains jours, vers un lieu tenu secret pour une durée indéterminée, en raison des multiples menaces de mort que j’ai reçues », avait alors réagi le « hacker » sur son compte X.
« Je demande le soutien de tous pour m’aider à survivre à cette grave situation créée par l’État portugais », avait-il ajouté en annonçant le lancement d’une campagne de financement en ligne.
– Révélations et enquêtes –
Âgé de 37 ans, Rui Pinto bénéficie du statut de témoin protégé depuis août 2020 pour avoir accepté de collaborer avec les autorités portugaises.
Ses révélations ont mis au jour des pratiques douteuses dans le milieu du football et alimenté de nombreuses enquêtes judiciaires comme celle visant le club anglais de Manchester City et dont certaines sont toujours en cours.
En septembre 2023, le Portugais a été condamné à quatre ans de prison avec sursis pour piratage informatique et tentative d’extorsion contre un fonds d’investissement sportif.
En avril, dans un deuxième procès, il a été acquitté de tous les chefs d’accusation, la justice portugaise estimant qu’il avait déjà été pour des faits similaires.
Lors de son premier procès, il avait reconnu avoir commis des intrusions informatiques illégales pour obtenir des millions de documents qu’il a commencé à publier directement sur internet fin 2015.
Transmise à un consortium de médias d’investigation européens, cette manne d’informations a mis en lumière des pratiques douteuses impliquant joueurs vedettes, clubs et agents, qui ont ensuite fait l’objet de redressements fiscaux et d’enquêtes judiciaires dans plusieurs pays.
Arrêté en janvier 2019 en Hongrie où il vivait, puis extradé dans son pays, Rui Pinto a passé plus d’un an en détention provisoire avant d’accepter de coopérer avec les autorités dans d’autres affaires, en leur permettant d’accéder aux données cryptées qu’il avait en sa possession.




