En visite officielle dans l’archipel, M. Séjourné a indiqué que la Nouvelle-Calédonie pouvait devenir « un pilier » de cette diversification pour le nickel, en rapprochant ses producteurs des chaînes de production européennes, notamment dans les batteries.
Il a assuré que le mémorandum serait « non exclusif » et ne conduirait pas le territoire à céder la maîtrise de ses ressources, inscrivant ce partenariat dans la stratégie de souveraineté européenne qui vise à diversifier les approvisionnements en matières premières critiques.
Quinze autres pays sont concernés par des accords de cette nature, a-t-il précisé.
Au-delà du nickel, l’UE a engagé près de 32 millions d’euros depuis 2023 pour la transition énergétique de l’archipel, a-t-il rappelé, citant le projet de station de transfert d’énergie par pompage (STEP) de Tontouta, estimé à 400 millions d’euros.
D’autres projets sont encore à l’étude, comme un pôle de maintenance et de formation aéronautique et des câbles sous-marins dans le Pacifique.
Le vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI), Ambroise Fayolle, se rendra début décembre dans l’archipel, a annoncé M. Séjourné.
Un programme européen de cinq millions d’euros pour la formation et l’insertion doit entrer en vigueur au premier trimestre 2027.
Dans le cadre des négociations budgétaires en cours entre le Parlement et les États membres, la Commission propose aussi de doubler, à un milliard d’euros, l’enveloppe destinée aux pays et territoires d’outre-mer pour 2028-2034.
Le groupe indépendantiste Kanaky NC a dénoncé lundi dans un communiqué une signature décidée sans consultation préalable des élus du Congrès, et a boycotté la séance. Une seule élue de l’Union nationale pour l’indépendance (UNI) était présente, mais n’a pas souhaité s’exprimer.
Kanaky NC affirme ne pas être opposé à un partenariat avec l’Europe, mais demande que la stratégie nickel soit définie localement, avec les provinces, le Congrès, les autorités coutumières, les opérateurs et l’État.
Une absence qualifiée de « faute politique » par le Rassemblement-LR, tandis que les loyalistes ont salué une « main tendue » par l’Europe.
« Nous vivons un moment de bascule où l’Europe doit nous dire quel est notre avantage compétitif à être européen aujourd’hui », a estimé Vaimu’a Muliava, de l’Éveil océanien, rappelant que le mémorandum « n’engage en rien » mais ouvre la voie à un travail sur une convention.




