« Nos territoires ont besoin de solutions, pas de nouvelles destructions, pas de nouvelles agressions », a réagi lundi soir la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, sur le réseau social X.
Après avoir fait « un point » avec les préfets, elle a exprimé son « soutien le plus ferme » aux forces de l’ordre dont « plusieurs ont été blessés ».
« Rien ne justifie qu’on s’attaque à ceux qui risquent leur intégrité physique pour protéger les autres », a-t-elle estimé.
Tout en jugeant « légitimes » les « inquiétudes sur la vie chère », Mme Moutchou a prévenu qu' »on ne peut pas prétendre défendre le pouvoir d’achat et l’égalité des droits en pillant des magasins » et a appelé « à la responsabilité de chacun ».
En Martinique, des barrages ont été installés dimanche soir sur la route nationale 5 (RN5), un axe du sud de l’île, en amont d’une mobilisation lundi à l’appel du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC), a constaté l’AFP.
À la suite de l’intervention des gendarmes, des barrages ont été « retirés sur les axes principaux » vers 09H00, a annoncé la préfecture de la Martinique. Au total, « plus d’une vingtaine de barrages » ont été recensés et « six individus ont été interpellés », a-t-elle déclaré.
Deux commerces ont été « saccagés » au Robert et à Saint-Pierre, et cinq vols à main armée signalés, a ajouté le préfet.
À Fort-de-France, le chef-lieu de la Martinique, des manifestants bloquaient lundi le quartier de Sainte-Thérèse, ont constaté des journalistes de l’AFP.
« On ira jusqu’au bout. Ils ne nous ont pas donné le choix », a expliqué Rodrigue Petitot, président du RPPRAC, dans une vidéo diffusée sur TikTok depuis son fief de Canal Alaric à Fort-de-France.
Face aux blocages, les gendarmes mobiles, avec l’aide d’un blindé, ont entamé le dégagement du boulevard Maurice Bishop, une artère du quartier.
Dans l’archipel voisin de la Guadeloupe, la nuit de dimanche à lundi a été marquée par « plusieurs tentatives de barrages et jets de projectiles », selon un communiqué de la préfecture.
Au total, 44 personnes y ont été interpellées, dont « plus de la moitié de personnes mineures ». Des pillages ont été constatés par la police aux Abymes, commune limitrophe de Pointe-à-Pitre, a précisé la représentation de l’État.
Le sénateur de Guadeloupe Victorin Lurel a estimé que « les exactions, les pillages, les dégradations matérielles et surtout les atteintes physiques aux personnes » étaient « intolérables et inexcusables ».
L’élu a appelé l’État au dialogue, ajoutant que « des réponses politiques devront également être apportées à la détresse exprimée par la jeunesse ».
Le centre-ville de Pointe-à-Pitre, la capitale économique, n’a connu « aucun trouble grave » et la circulation est redevenue « normale » dès 06H30, ont ajouté les autorités.
Le préfet Thierry Devimeux avait instauré pour la nuit de dimanche à lundi un couvre-feu aux mineurs à Pointe-à-Pitre et aux Abymes.
Cette mesure faisait suite à des violences urbaines dans la nuit de samedi à dimanche au cours desquelles trois policiers ont été blessés par balles, selon la préfecture.




