La Chambre des représentants a accordé, à une majorité des deux tiers, « l’autorisation au président Abdel Fattah al-Sissi de prendre les mesures nécessaires pour soutenir le royaume saoudien », selon un communiqué.
A la suite d’une demande mi-octobre de M. Sissi, le Parlement, composé en grande partie de partisans du président, avait tenu trois réunions à huis clos – un fait rare – sur cette question et avait reporté le vote à deux reprises.
Si la nature exacte de l’assistance que pourrait apporter l’Égypte n’a pas été précisée, le chef d’Etat a assuré qu’elle viserait uniquement à « défendre le territoire saoudien », sans « aucune attaque contre le Yémen ». La priorité absolue restant la recherche d’une solution diplomatique, a-t-il insisté.
Le Parti social-démocrate, qui dispose de 11 sièges au Parlement, s’est abstenu lors du vote. Ils ont demandé « des objectifs précis et informations claires » sur la portée et la durée de la mission, ainsi qu' »une évaluation rigoureuse des risques potentiels pour la vie de nos soldats ».
Selon le député Medhat Rekaby al-Mansourawy, les discussions au Parlement concernant l’opération envisagée sont restées « superficielles, sans aucun détail ».
Les souvenirs du déploiement de l’Égypte dans les années 1960 lors d’une guerre civile au Yémen du Nord, durant laquelle des milliers de soldats avaient été tués, restent vifs dans le pays.
– Suez et transfert de fonds –
Riyad est l’un des plus solides alliés du Caire, et un soutien financier majeur de l’administration Sissi depuis que l’ancien chef de l’armée a renversé le président islamiste Mohamed Morsi en 2013.
L’Égypte possède la plus importante armée du monde arabe, forte de centaines de milliers de soldats en activité, d’avions de combat et de systèmes modernes de défense aérienne fournis par divers pays, dont les États-Unis, la Chine, la France et la Russie.
En 2015, elle avait rejoint la coalition dirigée par l’Arabie saoudite en appui au gouvernement yéménite, en apportant notamment des forces navales et aériennes, et en déployant des navires de guerre en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Après des années d’accalmie, le conflit a repris en juillet, avec des attaques désormais quasi quotidiennes contre Riyad et la prise de contrôle par les Houthis du détroit de Bab el-Mandeb, reliant l’Europe à l’Asie via le canal de Suez.
De quoi aggraver la baisse des revenus du canal, que l’Egypte subit depuis les premières attaques houthies en 2023 contre des navires en mer Rouge, déclenchées en marge de la guerre dans la bande de Gaza.
La reprise des hostilités met aussi en péril les transferts de fonds des Égyptiens résidant en Arabie saoudite, pays qui accueille la plus grande communauté égyptienne à l’étranger. Ils ont rapporté 12 milliards de dollars au Caire lors du dernier exercice fiscal, soit un montant supérieur aux revenus records générés par le canal de Suez en 2023.
Dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient et de ses différents fronts, l’Egypte a multiplié les initiatives diplomatiques ces derniers mois.
Son ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty a notamment mené des consultations au sein du groupe dit « R4 » qui réunit, outre l’Égypte, les trois membres du pacte de défense de La Mecque, à savoir l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie.
Et il a fait savoir lundi qu’il était « en contact quotidien avec les Iraniens » afin de favoriser une détente régionale.
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