Thales plombé en 2014 par les mauvais résultats du groupe naval DCNS

Le groupe a publié un avertissement sur résultat, indiquant que les pertes de DCNS pèseraient sur son résultat opérationnel courant d’environ 100 millions d’euros.

Thales a en revanche confirmé ses prévisions de résultats 2014 hors impact de sa filiale navale, notamment une stabilité de ses prises de commandes et de son chiffre d’affaires, accompagnée d’une progression de 5% à 7% de son résultat opérationnel courant.

Thales, qui consolide le groupe de chantier naval à hauteur de 35% (le reste étant détenu par l’Etat) par mise en équivalence, a annoncé que « la contribution de DCNS à l’Ebit (résultat opérationnel courant, ndlr) du groupe serait ainsi négative d’environ 100 millions d’euros sur l’exercice 2014 ».

L’électronicien tablait jusque-là sur « une contribution attendue proche de l’équilibre » après une « contribution positive de 40 millions d’euros en 2013 ».

Selon le communiqué, « DCNS estime désormais que l’exercice 2014 devrait se solder par une perte nette de l’ordre de 300 millions d’euros, compte tenu de l’enregistrement de charges et provisions complémentaires », une première depuis 2003.

Le directeur financier de Thales, Pascal Bouchiat, a précisé que « le chiffre final pourrait être révisé de 10% à la hausse ou à la baisse », lors d’une conférence téléphonique.

Selon lui, cet élément exceptionnel signifie que le résultat opérationnel courant 2014 de Thales sera inférieur à celui publié l’an dernier, et qui s’élevait à un peu plus de 1 milliard d’euros.

Cet avertissement sur résultats fait suite à un « examen approfondi (par DCNS) de la situation financière et contractuelle de plusieurs activités et programmes complexes qui connaissent des difficultés » réalisé au cours des derniers mois.

DCNS a indiqué à l’AFP que « les problèmes (étaient) liés au risques contractuels pris dès l’origine sur les coûts et la maîtrise des délais ». Il assure que les audits ont montré qu’il conservait « la maîtrise technique » de son coeur de métier.

Pour restaurer sa compétitivité, DCNS a lancé un plan d’économies de 100 millions d’euros et un second plan à moyen terme « sera finalisé au premier semestre ».

DCNS présentera ses résultats annuels dans la foulée de Thales, qui publie le 26 février prochain. En Bourse, Thales a clôturé en baisse de 3,90% à 47,615 euros, dans un marché en hausse de 1,93%.

Selon le communiqué, « les difficultés (de DCNS) se concentrent dans les activités de diversification dans l’énergie, essentiellement dans le nucléaire civil, ainsi que sur certains programmes navals. »

Dans le nucléaire civil, DCNS devrait « revoir significativement à la hausse les coûts à terminaison des projets en cours, notamment le réacteur de recherche Jules Horowitz pour le Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives (CEA) ».

Dans le naval, il s’attend à « une augmentation des coûts à terminaison, tout particulièrement sur le programme de sous-marins nucléaires d’attaque Barracuda pour la France ».

Pascal Bouchiat a indiqué que les provisions du groupe naval « auraient un impact sur la rentabilité de DCNS au cours des prochaines années ». « DCNS mettra quelques années à se remettre », a-t-il déclaré.

Il s’est montré prudent sur la contribution de DCNS à l’activité de Thales en 2015, qui devrait être neutre avant « d’entamer un rétablissement » par la suite. Il est trop tôt pour se prononcer au-delà, a-t-il estimé.

DCNS avait publié en juillet dernier un bénéfice opérationnel en baisse de 60% à 37 millions d’euros, et un chiffre d’affaires en recul de 12,3% à 1,4 milliard d’euros au premier semestre.

DCNS avait également fait état d’une diminution de sont carnet de commandes à 11,9 milliards d’euros contre 12,6 milliards. Seule bonne nouvelle, les prises de commandes ont augmenté de 33% à 770 millions d’euros.

Pascal Bouchiat a refusé de préciser s’il y avait un lien avec le report par Paris de la livraison des navires de guerre Mistral (BPC) à la Russie, indiquant simplement que le contrat était en grande partie couvert par la Coface.

Concernant les coûts, DCNS a évoqué un « arrêt des paiements de la Russie », de coûts de gardiennage et indiqué que les travaux de réalisation du deuxième BPC se poursuivaient.

Des sources avaient indiqué à l’AFP en novembre que ce report entraînait un « surcoût » pour les chantiers navals STX à Saint-Nazaire, qui sont des sous-traitants de DCNS.

dlm/fka/az

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