Au Japon, l’énigme des bateaux fantômes

Depuis le mois d’octobre, les garde-côtes ont repéré au moins 14 épaves en mer du Japon (appelée mer de l’Est par les Coréens), avec à leur bord plus d’une vingtaine de cadavres en décomposition.

« Nos plongeurs ont trouvé trois corps le 23 novembre, dont deux sans tête », a ainsi raconté à l’AFP un responsable, Shuichi Hashizume. « Et quand nous avons remorqué l’embarcation à quai, nous sommes tombés sur six crânes à l’intérieur ».

Seul indice, certains bateaux portent des signes en caractères coréens suggérant des liens avec la Corée du Nord.

– Une concentration inhabituelle –

Une provenance confirmée par la découverte jeudi d’une épave non loin de l’île de Sado. Sur les coques, là encore des inscriptions en coréen, et dedans un sac à dos contenant un insigne sur lequel figurait un portrait de Kim Jong-Il, feu le père du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, a détaillé un porte-parole des gardes-côtes, Hiromasa Suzuki.

Il y avait aussi « le corps d’un homme vêtu d’un pull noir et d’un pantalon », mais de sa tête il ne restait plus que les os.

Ce n’est pas la première fois que les gardes-côtes font de telles découvertes. Ces cinq dernières années, plus de 250 incidents impliquant au moins un bateau ont été recensés.

Cependant la récente concentration des cas sur une aussi courte période est pour le moins inhabituelle.

Les médias japonais, avides de tout ce qui a trait à la Corée du Nord, voisin hostile et imprévisible, se sont aussitôt saisis de l’affaire, envoyant des équipes de reporters le long des rives où le mystère a éclos.

Il faut dire que les relations entre Tokyo et Pyongyang sont empreintes de méfiance. Dans les années 1970 et 1980, la Corée du Nord a kidnappé des ressortissants nippons pour enseigner la langue et les coutumes japonaises à des espions. Si elle a reconnu certains enlèvements, le sort de beaucoup reste inconnu et le sujet demeure très sensible au Japon.

A l’instar de nombreux pays, l’archipel s’inquiète en outre des recherches nucléaires menées par les Nord-Coréens.

– La piste de pêcheurs nord-coréens –

Certains internautes voient dans ces morts des gens ayant tenté d’échapper au sévère régime communiste, une hypothèse néanmoins peu probable car la grande majorité des réfugiés s’échappent par la Chine et rejoignent ensuite la Corée du Sud. Les évasions par la mer sont très rares.

Les experts penchent donc plutôt pour la piste de pêcheurs égarés alors que le pays reclus, qui souffre de malnutrition, tente d’étendre cette activité économique pour renforcer sa sécurité alimentaire.

« Le pays a souffert de graves pénuries alimentaires, et Kim Jong-Un a ordonné l’an dernier de capturer plus de poisson pour résoudre le problème », explique Toshimitsu Shigemura, un professeur spécialiste de la Corée du Nord à l’université de Waseda à Tokyo.

Un avis corroboré à Séoul par Yang Moo-Jin, de l’université des Etudes nord-coréennes.

« Presque tous les pêcheurs nord-coréens appartiennent à des organisations gouvernementales ou militaires, qui les poussent à partir en quête de prises plus importantes dans des eaux toujours plus éloignées des côtes », a-t-il dit.

« Mais leurs bateaux sont vieux et mal équipés, donc en cas de problèmes, mécaniques ou autres, en haute mer, ils sont extrêmement vulnérables, sans possibilité d’appeler à l’aide », poursuit-il. « Dans ces circonstances, ils peuvent se retrouver très vite à court de carburant et de vivres », condamnés à une mort certaine.

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