Les groupes Maersk et Hapag-Lloyd ont confirmé avoir interrompu les nouvelles opérations via le port de Tchornomorsk, l’un des trois principaux terminaux ukrainiens en eau profonde.
« Les récentes attaques de missiles et de drones dans la région d’Odessa ont considérablement accru les risques opérationnels et sécuritaires », a indiqué Hapag-Lloyd à l’AFP.
L’armateur précise toutefois que le marché ukrainien continue d’être desservi par des solutions alternatives de transport ferroviaire et routier via la Pologne et la Roumanie.
Selon les données du site de suivi maritime MarineTraffic, aucun navire commercial n’est entré dans un port ukrainien de la mer Noire jeudi matin.
La veille, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, avait affirmé sur X qu’aucun navire n’avait emprunté le corridor maritime ukrainien le 22 juillet « en plein pic de récolte ».
« L’Ukraine a demandé la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour le 27 juillet », a-t-il ajouté, estimant que cette situation faisait peser une menace sur la sécurité alimentaire mondiale.
Depuis plusieurs jours, la Russie a considérablement intensifié ses frappes contre les installations portuaires d’Odessa, les terminaux céréaliers et oléagineux ainsi que les navires marchands.
Dimanche, une attaque russe contre le vraquier Golden Leo transportant des céréales au large d’Odessa a fait dix morts, dont quatre ressortissants indiens, selon les autorités ukrainiennes.
De son côté, l’Ukraine a multiplié les attaques contre des navires en mer d’Azov ainsi que contre la « flotte fantôme » de pétroliers utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales.
« C’est la période la plus difficile depuis mai 2022 », explique à l’AFP Anton Shapran, directeur général du courtier Maritime Logistics. Selon lui, une partie du trafic peut toutefois encore être redirigée vers les ports fluviaux du Danube situés en Roumanie pour les plus petits navires.
Avant la guerre, près de 90 % des exportations ukrainiennes, principalement des céréales et de l’huile de tournesol, transitaient par les ports de la région d’Odessa.
Selon la FAO en 2021, soit la Russie soit l’Ukraine (ou les deux pays) se rangeaient parmi les trois premiers exportateurs mondiaux de blé, maïs, colza, graines de tournesol et huile de tournesol.
Pour Kiev, les exportations agricoles, destinées principalement à l’Asie, à l’Afrique et au Moyen-Orient, figurent parmi les rares sources de devises étrangères depuis le début de l’invasion russe.




