Deux militaires grecs arrêtés après être entrés par erreur en Turquie

Les deux militaires grecs sont en bon état de santé, “il n’y a pas eu de combat et actuellement ils se trouvent à Edirne”, ville frontalière dans le nord de la Turquie, a assuré à l’AFP le porte-parole de l’état-major, Nikolaos Fanios.

L’incident est survenu jeudi après-midi au nord du fleuve Evros qui sépare les deux pays. Les conditions climatiques “étaient mauvaises et les deux militaires, qui étaient armés, ont perdu leur orientation”, a précisé le porte-parole.

“Le ministère grec des Affaires étrangères est en train de procéder à leur rapatriement”, a-t-il ajouté.

Faisant part de l’arrestation des deux soldats, l’agence étatique de presse turque Anadolu l’a également imputée au fait qu’ils se soient égarés à cause du mauvais temps.

Le porte-parole du gouvernement grec, Dimitris Tzanakopoulos, a indiqué que le chef de l’état-major grec s’était entretenu au téléphone avec son homologue turc “dans un bon climat” pour régler cette affaire et “afin que les procédures légales en Turquie soient rapidement entamées”.

“Nous attendons rapidement le retour des deux Grecs”, a-t-il dit lors d’un point de presse.

La Grèce et la Turquie, tous deux membres de l’Otan, traversent une période de tension ces derniers mois sur fond de difficiles relations d’Ankara avec l’Union européenne, après des menaces du président turc Recep Tayyip Erdogan contre l’exploitation du gaz dans les eaux chypriotes, dans l’est de la Méditerranée.

Il y a deux semaines, un patrouilleur turc avait percuté un patrouilleur grec près d’un îlot inhabité disputé en mer Égée orientale, suscitant une mise en garde envers Ankara du Premier ministre grec, Alexis Tsipras.

Cette tension est également nourrie par la demande d’extradition d’Ankara de huit officiers turcs ayant trouvé refuge en Grèce après le coup d’Etat manqué en Turquie en juillet 2016.

Athènes, comme de nombreux pays européens où ont trouvé refuge de fonctionnaires et officiers turcs, refuse toujours de les extrader, provoquant l’ire d’Ankara.