« Les importantes barrières douanières sur +l’usine asiatique+ vont inévitablement réduire la demande de transport maritime de conteneurs entre l’Asie et les États-Unis », a anticipé le cabinet d’expert Braemer, spécialisé dans le transport maritime.
Le Shanghai Containerized Freight Index (SCFI), indicateur de référence pour le prix des conteneurs qui sortent de Chine, est actuellement à son plus bas niveau depuis la fin de l’année 2023, période marquée par des pertes pour les compagnies maritimes.
Les prix ne sont toutefois pas aussi bas qu’après la crise financière de 2008-2009.
Jeudi, la perspective de ralentissement des échanges commerciaux mondiaux a fait chuter les valeurs du secteur. L’armateur allemand Hapag-Lloyd chutait de 6,17% à Francfort, A.P. Moller-Maersk chutait de 8,44% à Copenhague, et le suisse Kuehne + Nagel de 8,46% à Zürich vers 14H45.
Même avant les annonces de Donald Trump, « on anticipait un agrandissement de l’écart entre l’offre et la demande de transport de conteneurs d’ici 2030, en raison d’un vaste renouvellement de la flotte mondiale ».
L’arrivée de nouveaux bateaux commandés par les armateurs du monde entier pour les années à venir risque en effet de provoquer un phénomène de surcapacité, selon les analystes.
Les annonces de barrières douanières vont pousser « les compagnies maritimes à redéployer leurs flottes sur les espaces les plus dynamiques », selon Arthur Barillas de Thé, président du commissionnaire de transport Ovrsea.
Elles vont « repenser très rapidement leurs services et déployer leurs capacités sur les espaces où il y a le plus d’échanges », comme la route Europe-Asie ou intra-Asie, toujours selon M. Barillas de Thé.
Depuis la pandémie de Covid_19 et la perturbation massive des chaînes logistiques, les grandes compagnies comme CMA CGM, Maersk ou MSC sont « beaucoup plus agiles, rapides, et ont une flexibilité extraordinaire compte tenu de leur taille », précise-t-il.
« Les grandes compagnies maritimes avec des réseaux de ports et terminaux intégrés, en plus de solutions logistiques maison, pourraient bénéficier de ces évolutions », confirme Braemer.
« Les compagnies avec un rayonnement mondial seront les mieux positionnées pour s’adapter à l’évolution des flux commerciaux », ajoute le cabinet.
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