« Nous accompagnons au mieux les Françaises et les Français qui souffrent. On le reconnaît, c’est difficile aujourd’hui, c’est difficile de faire le plein, c’est difficile de prendre sa voiture pour aller travailler et on les aide », a ajouté M. Lescure dans un entretien accordé jeudi soir à l’AFP.
« Mais aujourd’hui j’entends plus de l’inquiétude que la colère, même si évidemment cette inquiétude je la comprends », a-t-il poursuivi.
Avec des blocages jeudi de deux ports et d’un dépôt pétrolier, la grogne sociale est attisée par la hausse des prix des carburants, évoquant les « Gilets jaunes », mouvement social qui avait secoué la France en 2018-2019.
Le gouvernement a annoncé le prolongement des aides jusqu’en décembre pour les secteurs les plus touchés, et le relèvement de celles pour les pêcheurs de 25 à 35 centimes par litre. La ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a indiqué jeudi que ces aides « suivr(aient) la variation des cours des carburants ».
Les aides, « il faut les calibrer au mieux » et « il faut suivre l’évolution (…) au jour le jour », a souligné M. Lescure.
Le ministre a par ailleurs dénoncé les « fausses bonnes idées » sur le sujet.
« Baisser les impôts sur l’essence pour tout le monde, y compris pour ceux qui n’en ont pas besoin, ça coûte beaucoup d’argent, il faudra le financer et c’est inefficace et injuste », a-t-il souligné.
« J’ai entendu aussi certains candidats à la présidentielle, c’est peut-être la mode, demander la suppression des CEE, des certificats d’économie d’énergie », dispositif qui contraint les fournisseurs d’énergie à financer des actions de réduction de la consommation d’énergie ou d’amélioration de l’efficacité énergétique, a-t-il poursuivi.
« Vous savez que derrière chaque CEE, il y a une subvention, notamment pour les plus précaires, qui les aide à s’électrifier » et « il faut évidemment qu’on s’appuie là-dessus », a-t-il dit.
Le patron de LR Bruno Retailleau a estimé qu’on pourrait réduire les prix à la pompe de « 15 à 17 centimes par litre » en supprimant les certificats d’économie d’énergie. LFI demande un blocage des prix à 1,70 euro le litre et Marine Le Pen exige une baisse de la TVA sur l’énergie de 20 à 5,5%.




