« Si on me demande si TotalEnergies est prêt à revenir forer en Guyane, la réponse est non », a déclaré Patrick Pouyanné devant la commission des finances de l’Assemblée nationale mercredi. Le groupe ne remettra « pas d’argent pour aller forer de nouveaux puits d’exploration en Guyane ».
TotalEnergies y a « déjà beaucoup dépensé, près de 400 millions d’euros pour un résultat négatif » puisqu’il y a trouvé des hydrocarbures, mais « en quantité beaucoup trop faible pour qu’elles soient commercialisées », a-t-il détaillé. Un permis d’exploration accordé à TotalEnergies avait en effet expiré le 1er juin 2019 sans résultat probant.
Les pays voisins de la Guyane française – Brésil, Suriname, Guyana – connaissent depuis quelques années un boom pétrolier avec l’exploitation de plusieurs champs offshore. Les Guyanais s’en estiment privés, bien que TotalEnergies et des associations écologistes aient exprimé leur doute sur le potentiel du territoire français en la matière.
Le Parlement français discute d’une proposition de loi visant « à lever, dans les territoires d’outre-mer, l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures », à l’initiative du sénateur guyanais Georges Patient (groupe de la majorité présidentielle).
Il prévoit ainsi de revenir sur certaines dispositions d’une loi de 2017 qui interdit toute prospection d’hydrocarbures sur le territoire français
Le texte a été adopté au Sénat mais a été rejeté le 11 juin par l’Assemblée nationale.
Après le vote, le rapporteur Jean-Victor Castor, député de Guyane française, a tancé « une façon paternaliste de nous dire ce qui est bon et ce qui n’est pas bon pour nous » et a appelé « les Guyanais à la désobéissance civile ».
« Si Total refuse de forer comme elle le dit, vous voulez donner le forage à qui? Aux Russes, aux Chinois ou aux Américains? », a tancé le 12 juin la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, lors d’une audition au Sénat.
Elle soulignait en outre qu' »il faut à peu près huit ans de forage et sept ans avant que vous puissiez sortir le pétrole. C’est-à-dire que nous sommes en train de discuter de savoir si la Guyane aura du pétrole dans quinze ans ».
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