Le Bandero, navire de la fondation du militant pour les droits des animaux Paul Watson, a été arraisonné jeudi soir au large de l’Islande après avoir entravé l’activité du Hvalur 9, l’un des deux derniers baleiniers commerciaux encore en activité en Islande.
Les militants sont accusés de « violations du droit international de la mer et de mise en danger de la sécurité maritime », ainsi que d’autres infractions à la réglementation des télécommunications notamment, a indiqué un porte-parole de la police, Gunnar Runar Sveinbjörnsson.
Après deux années de suspension en raison d’une situation économique difficile et d’une rentabilité jugée insuffisante, la chasse à la baleine a repris cet été en Islande, l’un des trois seuls pays, avec la Norvège et le Japon, à encore autoriser cette pratique à titre commercial. La chasse se déroule entre mi-juin et mi-septembre.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, la Captain Paul Watson Foundation avait annoncé l’arraisonnement en mer par les garde-côtes islandais du Bandero qui, selon elle, avait « surveillé et poursuivi » le Hvalur 9 pendant plusieurs semaines.
D’après la liste fournie à l’AFP par la fondation, cinq Américains, quatre Brésiliens, trois Français, deux Espagnols, un Australien, un Belge, un Canadien, un Allemand, un Britannique, un Suisse et un ressortissant de Trinidad-et Tobago se trouvaient sur le navire.
Tous ont été entendus par la police.
L’Américano-Canadien Paul Watson lui-même n’était pas à bord.
Les garde-côtes islandais ont confirmé à l’AFP avoir pris le contrôle du navire dans le cadre d’une opération conjointe avec la police, l’avoir ramené au port de Reykjavik et avoir arrêté son équipage. Ils disent avoir agi en réponse à une demande d’assistance émise par l’équipage du Hvalur 9 qui s’estimait menacé.
Selon eux, le Bandero n’a pas suivi les ordres lui intimant de quitter les eaux territoriales islandaises puis d’arrêter ses moteurs.
La police a demandé l’expulsion, plutôt qu’un placement en détention, des 21 membres d’équipage ainsi qu’une interdiction de revenir sur le territoire islandais.
La décision, qui revient aux autorités de l’immigration, est attendue « la semaine prochaine », a précisé Gunnar Runar Sveinbjörnsson.
La fondation a dénoncé une « détention » qui dure depuis « plus de 36 heures », soit davantage que les 24 heures autorisées par la législation islandaise.
Un des passagers français, Lucien Richardson, a décrit un état de « stress » à bord. « Personne ne comprend pourquoi nous ne sommes pas libérés », a-t-il témoigné dans un message à l’AFP.
D’après la chaîne publique RUV, les autorités en charge des transports ont de leur côté déclaré le Bandero – un navire de près de 65 mètres de long et de 499 tonneaux en jauge brute, selon le site de la fondation – impropre à la navigation.
L’Islande doit introduire cet automne un projet de loi visant à interdire la chasse à la baleine.




