La Russie mène des exercices militaires avec des tirs de missiles en mer Noire

Moscou, 21 juil 2023 (AFP) – La Russie a annoncé vendredi avoir mené des exercices militaires avec des tirs de missiles en mer Noire, théâtre de tensions croissantes avec l’Ukraine et ses alliés depuis l’expiration d’un accord céréalier crucial pour l’alimentation mondiale.

Selon le ministère russe de la Défense, des navires de la flotte russe ont tiré des missiles de croisière antinavires « sur un bateau cible dans la zone d’entraînement au combat dans la partie nord-ouest de la mer Noire ». « Le bateau cible a été détruit à la suite de la frappe de missile », a ajouté la même source.

La Russie avait affirmé mercredi qu’elle allait considérer dès jeudi les navires se rendant vers l’Ukraine via la mer Noire comme de « potentiels bateaux militaires » et les pays dont ils battent le pavillon comme parties prenantes au conflit.

Les tensions se sont ravivées dans cette zone depuis l’abandon cette semaine par Moscou de l’accord sur les exportations de céréales ukrainiennes. Cet accord avait permis aux cargos chargés de céréales de quitter les ports en empruntant des couloirs maritimes protégés.

Le ministère russe de la Défense a également indiqué que l’aviation de la flotte, de concert avec des navires, a « travaillé à des actions pour isoler la zone temporairement fermée à la navigation ».

Par ailleurs, Moscou a indiqué vendredi avoir procédé avec Pékin à un exercice conjoint en mer du Japon, au cours duquel les forces des deux pays « se sont entraînées à repousser une attaque provenant d’une petite cible évoluant à grande vitesse », selon l’agence publique russe TASS.

– « Effet négatif » –

En réponse à la nouvelle politique de Moscou, l’Ukraine avait averti jeudi qu’elle traiterait les bateaux se dirigeant vers les ports contrôlés par Moscou comme de potentiels transporteurs de matériels militaires « avec tous les risques associés ».

Les villes portuaires ukrainiennes de Mykolaïv et d’Odessa, sur la mer Noire, ont subi des frappes russes dans la nuit de mercredi à jeudi, « fermement » condamnées par le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Au moins trois personnes sont mortes et plus de vingt ont été blessées dans ces frappes de drones et de missiles, selon des responsables.

« Nous voyons déjà l’effet négatif sur les prix mondiaux du blé et du maïs, ce qui fait souffrir tout le monde, en particulier les populations vulnérables dans les pays du Sud », a indiqué le porte-parole de M. Guterres, Stéphane Dujarric.

Kiev accuse Moscou de viser spécifiquement ses infrastructures portuaires, afin d’empêcher toute reprise éventuelle des exportations de céréales.

L’armée russe a affirmé jeudi ne viser que des cibles militaires, assurant avoir détruit des sites de production et de stockage de drones navals à Odessa et des dépôts de munitions et de carburant à Mykolaïv.

Dénonçant les entraves au commerce de ses propres engrais et produits agricoles, la Russie s’est retirée depuis mardi de l’accord signé en juillet 2022, assurant être prête à revenir à l’accord si ses demandes étaient réalisées « dans leur totalité ».

Kiev a demandé la mise en place de « patrouilles militaires » navales sous mandat de l’ONU, sans réponse jusqu’à présent.

– Armes à sous-munitions –

Sur le terrain, Kiev a commencé à utiliser les armes à sous-munitions controversées livrées par les Etats-Unis, a indiqué la Maison Blanche, au moment où l’Ukraine cherche à donner de l’élan à sa contre-offensive contre les forces russes.

Dans un entretien diffusé début juillet par la chaîne CNN, le président américain Joe Biden avait confié avoir pris une « décision très difficile » en livrant ces armes à l’Ukraine, justifiant cela par le fait que Kiev est « à court de munitions ».

Les forces ukrainiennes « les utilisent de manière appropriée. Elles les utilisent efficacement et elles ont réellement un impact sur les formations défensives russes et les manoeuvres défensives » de Moscou, a déclaré aux journalistes John Kirby, un porte-parole de la Maison Blanche.

Les armes à sous-munitions peuvent disperser jusqu’à plusieurs centaines de petites charges explosives, capables de rester non explosées dans le sol et créant un risque pour les civils après la fin d’un conflit.

Elles sont interdites par de nombreux pays, notamment européens, signataires d’une convention signée à Oslo en 2008 et à laquelle ni la Russie, ni les Etats-Unis, ni l’Ukraine ne sont parties.

« En Russie, il y a une bonne réserve d’armes à sous-munitions », avait souligné le président Poutine, dans une interview à la chaîne de télévision publique « Rossia-1 », diffusée dimanche, menaçant de les employer sur le front si Kiev utilisait ce type d’armement.

Les soldats ukrainiens accusent Moscou d’utiliser ces munitions controversées depuis le début du conflit.

Les combats se concentrent actuellement dans l’est de l’Ukraine où les deux armées se font face, sans progrès significatifs.

Les Infos Mer de M&O

Un « Thanksgiving » un peu… électrique au Pôle Sud

Par Eric Chevreuil,  Français de Los Angeles en mission sur une base américaine en Antarctique.   *** Pour nous, Thanksgiving tombe le samedi. Le premier Thanksgiving daterait...

Au cœur de la station Amundsen Scott

Le C-130 de McMurdo n’a eu de cesse de reporter son départ à cause de la météo. Finalement, il est parti à 21h00...

La station Amundsen-Scott

La station américaine Amundsen-Scott est l’habitation terrestre la plus au sud de notre planète, et non, nous n’y vivons pas la tête en...

La Fondation Jacques Rougerie missionnée pour construire le premier musée de Tuvalu

À l’occasion de la COP30, un projet inédit et hautement symbolique a été dévoilé au Climate Mobility Pavilion : la création d’un Musée pour Tuvalu, conçu pour préserver la mémoire, l’identité et le patrimoine d’un pays menacé par la montée des eaux. Au cœur de cette initiative mondiale : la Fondation Jacques Rougerie – Académie des Beaux-Arts, reconnue pour son expertise unique en architecture biomimétique et océanique.

15 novembre 1634 : premier règlement de discipline de la Marine par le cardinal de Richelieu

Dès que la capitulation de la Rochelle, en 1628, eut délivré le cardinal de Richelieu de son principal souci, il résolut de créer...

Carine Tramier, Présidente du Corimer : « Innover, c’est s’adapter et transformer la contrainte en opportunité ! » Les Grands fonds marins – 1

Où en sommes-nous ? L'innovation, pour l'industrie navale et maritime, est un moteur de l'innovation. Pour les grands fonds, l'acquisition des connaissances sur les...

Plus de lecture

M&O 288 - Septembre 2025

Colloque Souveraine Tech du 12 sept 2025

Alors qu'il était Premier Consul, Napoléon Bonaparte déclara le 4 mai 1802 au Conseil d'État, "L’armée, c’est la nation". Comment ce propos résonne t-il à un moment de notre histoire où nous semblons comprendre à nouveau combien la nation constitue et représente un bien à défendre intelligemment ? Par ailleurs, si la technologie est le discours moral sur le recours aux outils et moyens, au service de qui ou de quoi devons-nous aujourd'hui les placer à cette fin, en de tels temps incertains ? Cette journée face à la mer sous le regard de Vauban sera divisée en tables rondes et allocutions toniques.

ACTUALITÉS

Le Bénin et la mer

Découvrez GRATUITEMENT le numéro spécial consacré par Marine & Océans au Bénin et la mer

N° 282 en lecture gratuite

Marine & Océans vous offre exceptionnellement le numéro 282 consacré à la mission Jeanne d’Arc 2024 :
  • Une immersion dans la phase opérationnelle de la formation des officiers-élèves de l’École navale,
  • La découverte des principales escales du PHA Tonnerre et de la frégate Guépratte aux Amériques… et de leurs enjeux.
Accédez gratuitement à la version augmentée du numéro 282 réalisé en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de la Marine et lÉcole navale

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.