Le Havre-Rouen-Paris: sur la Seine, Haropa Port attend toujours plus de conteneurs

Paris (France), 21 jan 2026 (AFP) – Le Havre-Rouen-Paris: sur la Seine, les trois ports qui ont fusionné en 2021 pour former Haropa Port attendent toujours plus de conteneurs dans les années à venir après un record en 2025, récoltant ainsi le fruit de leurs investissements.

« Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes économiques et la recomposition des échanges mondiaux », Haropa Port a affiché en 2025 « des performances solides et des records structurants », indique l’entreprise dans un communiqué publié mercredi.

L’établissement public portuaire créé en 2021 se revendique aujourd’hui le premier port à conteneurs de France, devant Marseille et Dunkerque.

Sa première activité reste le vrac liquide, c’est-à-dire le transport de produits pétroliers, mais il a aussi une forte activité liée à l’exportation de céréales et produits agricoles via le port de Rouen, de transport de matériaux de construction via celui de Gennevilliers, ainsi que de nombreuses activités de croisières touristiques, notamment à Paris.

L’an passé, son chiffre d’affaires est resté stable à 435 millions d’euros. Pour 2026, Haropa Port prévoit un augmentation à 443 millions d’euros.

En 2025, le tonnage transporté a augmenté de 2% à 84,7 millions de tonnes, avec un « record de conteneurs manutentionnés, en hausse de 4% », a souligné son directeur général, Benoit Rochet, lors d’un entretien avec l’AFP.

– « Evolution majeure » –

Ce volume est appelé à se développer, notamment grâce à l’investissement récent du cinquième armateur mondial, l’Allemand Hapag-Lloyd, au Havre, pour construire un nouveau terminal de déchargement avec des portiques industriels permettant de transporter plusieurs conteneurs à la fois.

Avec MSC et CMA CGM, il y a désormais trois armateurs d’envergure mondiale capables de décharger des bateaux allant jusqu’à 400 mètres de long, dans ce port.

De son côté, CMA CGM a prévu de passer de 1,5 million de conteneurs à 2,5 millions d’ici 2030 au Havre.

« On est sur une évolution majeure dans le domaine des conteneurs », souligne M. Rochet.

Ce dernier explique cette croissance par les énormes investissements réalisés depuis cinq ans, permis par la fusion des trois ports et des ports intermédiaires sur la Seine: deux milliards d’euros auront été investis d’ici 2030, un « niveau absolument inédit », dit-il.

Avec 60 à 70 conteneurs pouvant être transportés sur un seul train, et jusqu’à 250 sur une barge fluviale, M. Rochet se félicite aussi de « l’augmentation forte » du report des marchandises arrivées en bateau vers le ferroviaire ou le fluvial plutôt que vers les camions fortement émetteurs de CO2.

La part du transport de marchandises débarquées qui partent par la route devrait ainsi reculer à 70% d’ici 2030 contre 80% actuellement (12 à 13% par voie d’eau et 7 à 8% par le train), souligne-t-il.

Il reconnait néanmoins que le nombre de camions en valeur absolue devrait quand même augmenter dans les années à venir, étant donné la forte poussée des conteneurs.

En revanche, le développement du fluvial pour transporter les matériaux sur la Seine et ainsi décarboner le secteur de la construction est tel qu’Haropa s’est lancé en 2025 dans la construction d’un nouveau port, Port Seine Metropole Ouest (PSMO), à l’intersection de la Seine et de l’Oise, près de Conflans Saint-Honorine (Yvelines), qui va devenir une plateforme au service du BTP, reliée à la Seine et au futur canal à grand gabarit Seine-Nord.

« La dernière fois qu’on a construit un port fluvial sur la Seine, c’était il y a 40 ans à Limay-Procheville », souligne M. Rochet.

PSMO, qui représente quelque 150 millions d’euros d’investissements publics, doit être bâti en cinq phases d’ici à 2040.

Les Infos Mer de M&O

Industrie navale : après une année 2025 « exceptionnelle », de sérieux défis à relever (par Energies de la Mer)

Les Rencontres de l’industrie navale organisées par le Gican — présidé par Pierre-Eric Pommellet et dirigé par Philippe Missoffe —, se sont tenues...

« La mer impose une vision à long terme » (Nathalie Mercier-Perrin) – Entretien avec Brigitte Bornemann (Energies de la Mer).

Présidente du Cluster Maritime Français depuis deux ans, Nathalie Mercier-Perrin s'apprête à présenter un document de référence intitulé "Pour une France maritime, une vision,...

RWE rafle 7 GW sur les 8,4 GW de « la plus grande vente aux enchères d’éoliennes offshore jamais organisée en Europe ».

  Par Jonathane Polier pour ENERGIES DE LA MER   Le gouvernement britannique a attribué une capacité record de 8,4 GW d'éoliennes en mer dans le...

La science au Pôle Sud

Le Pôle Sud est un endroit idéal pour faire de la recherche. L’air y est pur et clair (malgré les gaz d’échappement de...

bound4blue et Maersk Tankers franchissent un cap dans la propulsion vélique industrielle

Bound4blue a achevé la première installation de ses voiles à aspiration eSAIL® dans le cadre de son accord stratégique avec Maersk Tankers. Quatre unités...

Opération déneigement

Que de blanc ! Tout a commencé avec ce message destiné aux 176 membres de l’équipage du USS Amundsen-Scott : « Bonjour à toutes...

Plus de lecture

M&O 289 - Décembre 2025

Colloque Souveraine Tech du 12 sept 2025

Alors qu'il était Premier Consul, Napoléon Bonaparte déclara le 4 mai 1802 au Conseil d'État, "L’armée, c’est la nation". Comment ce propos résonne t-il à un moment de notre histoire où nous semblons comprendre à nouveau combien la nation constitue et représente un bien à défendre intelligemment ? Par ailleurs, si la technologie est le discours moral sur le recours aux outils et moyens, au service de qui ou de quoi devons-nous aujourd'hui les placer à cette fin, en de tels temps incertains ? Cette journée face à la mer sous le regard de Vauban sera divisée en tables rondes et allocutions toniques.

ACTUALITÉS

Le Bénin et la mer

Découvrez GRATUITEMENT le numéro spécial consacré par Marine & Océans au Bénin et la mer

N° 282 en lecture gratuite

Marine & Océans vous offre exceptionnellement le numéro 282 consacré à la mission Jeanne d’Arc 2024 :
  • Une immersion dans la phase opérationnelle de la formation des officiers-élèves de l’École navale,
  • La découverte des principales escales du PHA Tonnerre et de la frégate Guépratte aux Amériques… et de leurs enjeux.
Accédez gratuitement à la version augmentée du numéro 282 réalisé en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de la Marine et lÉcole navale

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.