« Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes économiques et la recomposition des échanges mondiaux », Haropa Port a affiché en 2025 « des performances solides et des records structurants », indique l’entreprise dans un communiqué publié mercredi.
L’établissement public portuaire créé en 2021 se revendique aujourd’hui le premier port à conteneurs de France, devant Marseille et Dunkerque.
Sa première activité reste le vrac liquide, c’est-à-dire le transport de produits pétroliers, mais il a aussi une forte activité liée à l’exportation de céréales et produits agricoles via le port de Rouen, de transport de matériaux de construction via celui de Gennevilliers, ainsi que de nombreuses activités de croisières touristiques, notamment à Paris.
L’an passé, son chiffre d’affaires est resté stable à 435 millions d’euros. Pour 2026, Haropa Port prévoit un augmentation à 443 millions d’euros.
En 2025, le tonnage transporté a augmenté de 2% à 84,7 millions de tonnes, avec un « record de conteneurs manutentionnés, en hausse de 4% », a souligné son directeur général, Benoit Rochet, lors d’un entretien avec l’AFP.
– « Evolution majeure » –
Ce volume est appelé à se développer, notamment grâce à l’investissement récent du cinquième armateur mondial, l’Allemand Hapag-Lloyd, au Havre, pour construire un nouveau terminal de déchargement avec des portiques industriels permettant de transporter plusieurs conteneurs à la fois.
Avec MSC et CMA CGM, il y a désormais trois armateurs d’envergure mondiale capables de décharger des bateaux allant jusqu’à 400 mètres de long, dans ce port.
De son côté, CMA CGM a prévu de passer de 1,5 million de conteneurs à 2,5 millions d’ici 2030 au Havre.
« On est sur une évolution majeure dans le domaine des conteneurs », souligne M. Rochet.
Ce dernier explique cette croissance par les énormes investissements réalisés depuis cinq ans, permis par la fusion des trois ports et des ports intermédiaires sur la Seine: deux milliards d’euros auront été investis d’ici 2030, un « niveau absolument inédit », dit-il.
Avec 60 à 70 conteneurs pouvant être transportés sur un seul train, et jusqu’à 250 sur une barge fluviale, M. Rochet se félicite aussi de « l’augmentation forte » du report des marchandises arrivées en bateau vers le ferroviaire ou le fluvial plutôt que vers les camions fortement émetteurs de CO2.
La part du transport de marchandises débarquées qui partent par la route devrait ainsi reculer à 70% d’ici 2030 contre 80% actuellement (12 à 13% par voie d’eau et 7 à 8% par le train), souligne-t-il.
Il reconnait néanmoins que le nombre de camions en valeur absolue devrait quand même augmenter dans les années à venir, étant donné la forte poussée des conteneurs.
En revanche, le développement du fluvial pour transporter les matériaux sur la Seine et ainsi décarboner le secteur de la construction est tel qu’Haropa s’est lancé en 2025 dans la construction d’un nouveau port, Port Seine Metropole Ouest (PSMO), à l’intersection de la Seine et de l’Oise, près de Conflans Saint-Honorine (Yvelines), qui va devenir une plateforme au service du BTP, reliée à la Seine et au futur canal à grand gabarit Seine-Nord.
« La dernière fois qu’on a construit un port fluvial sur la Seine, c’était il y a 40 ans à Limay-Procheville », souligne M. Rochet.
PSMO, qui représente quelque 150 millions d’euros d’investissements publics, doit être bâti en cinq phases d’ici à 2040.




