Le port de La Rochelle lance des chantiers pour un investissement de 80 millions d’euros

Le chantier le plus stratégique consistera à “dérocter”, creuser de la roche pour augmenter le tirant d’eau, même si La Rochelle est déjà l’unique port français en eau profonde de la façade atlantique. Quelque 700.000 mètres cube de roche argileuse seront décaissés.

“Plusieurs opérations de déroctage sont prévues d’ici 2025 pour s’adapter à la taille croissante des navires, même si les Panamax, bateaux de 250 mètres ou plus transportant jusqu’à 85.000 tonnes, peuvent déjà accoster à La Rochelle”, mais seulement “quatre jours par mois, lors des grandes marées”, a expliqué mercredi le président du directoire du Grand port, Michel Puyrazat.

“Nous voulons creuser un peu pour (…) les accueillir tout le temps sauf quatre jours par mois, lors des mortes-eaux” (marées basses inférieures à la moyenne). Les chenaux d’accès seront aussi creusés d’un mètre pour porter le tirant d’eau à 10 m.

Sur un terminal, un quatrième quai va être construit et exploité par Bolloré Ports, qui fournira l’équipement nécessaire (grues, matériel roulant) pour les filières céréales (premier trafic rochelais en volume), pâte à papier (2e port européen importateur) et conteneurs.

Un autre terminal sera construit dans la partie nord du port, relié à une zone de stockage de 10 hectares à construire d’ici 2025. Ce dispositif sera surtout voué à l’accueil d’éléments pour l’éolien, qui nécessite beaucoup de place.

Enfin de nouvelles voies ferrées vont être développées sur le port pour relier ces nouveaux terminaux au réseau national.

Selon M. Puyrazat, l’objectif des chantiers est triple: augmenter l’activité pour porter le trafic à 12 millions de tonnes à l’horizon 2020-2030. Accroître les emplois directs et indirect générés (passer de près de 17.000 à 18.000) Et porter le report modal –des quais vers le rail– de 17% actuellement (1,4 millions de tonnes) à 20%.

Une concertation publique sur le projet courra de début février à mi-mars.

Le port de La Rochelle a enregistré en 2017 une baisse de 7,2% de son trafic, liée en partie aux mauvais résultats de la filière céréalière en 2016.

olg-pbl/pjl/nas

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