Selon les premiers éléments recueillis par les autorités, plus de 280 personnes, dont des enfants, avaient pris place à bord du chalutier parti le 4 avril de Teknaf, dans le sud du Bangladesh, en direction de la Malaisie.
Le 9 avril, un navire bangladais a repéré en mer au large de l’archipel indien des Andaman-et-Nicobar plusieurs personnes qui flottaient en mer sur des bidons et des troncs d’arbres, ont indiqué les gardes-côtes bangladais.
Les causes du naufrage n’ont pas été officiellement éclaircies mais le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a évoqué les « vents violents », la « mer agitée » et la « surcharge » du navire.
Sur les neuf personnes secourues, six ont été arrêtées par la police et font désormais l’objet d’une enquête pour trafic d’êtres humains, a déclaré à l’AFP un responsable de la police de Teknaf, Saiful Islam.
« Nous tentons d’établir maintenant la responsabilité de chacun d’entre eux dans ce tragique accident », a-t-il ajouté.
La plupart des personnes disparues étaient des membres de la minorité musulmane rohingya de Birmanie, qui ont fuit la guerre civile dans leur pays. Plus d’un million d’entre eux sont installés dans des camps de fortune ouverts par le Bangladesh autour de Cox’s Bazar (sud).
Des milliers d’entre eux risquent leur vie chaque année en tentant de rallier dans des embarcations de fortune la Malaisie ou l’Indonésie voisines.
« Nous avons navigué pendant quatre jours et quatre nuits avant de chavirer », a décrit à l’AFP un des rescapés du naufrage, Rafiqul Islam, 40 ans, « nous avons dérivé pendant près de trente-six heures avant d’être secourus ».
Dans son camp de Kutupalong, de nombreux réfugiés étaient mercredi en quête d’information sur le sort des autres passagers embarqués.
« J’ai sur mon téléphone entre 70 à 80 photos de gens qui me demandent des nouvelles des victimes », a dit M. Islam.
« J’ai montré des photos de mon frère à Islam, il a confirmé qu’il était sur le bateau », a indiqué inquiet Jasim Uddin, 34 ans. « Mon frère avait payé pour son voyage en Malaisie 350.000 takas (environ 3.000 dollars) à un intermédiaire qui tente désormais de nous éviter ».
« Le trafic des êtres humains n’a jamais cessé et il va sans aucun doute encore s’aggraver à l’avenir », a alerté pour sa part Sayed Ullah, le président d’une organisation de réfugiés, le United Council of Rohingya.
Victime de restrictions budgétaires, le Programme alimentaire des Nations unies (PAM) a annoncé le mois dernier une réduction des rations alimentaires qu’il distribue chaque jour aux Rohingyas.




