Le président du Panama, José Raúl Mulino, s’est pour sa part distancié de cette initiative parlementaire. « Les contacts, les voyages et les échanges des membres de l’Assemblée avec Taïwan ne signifient pas que l’exécutif les approuve », a-t-il déclaré sur X.
Ce pays d’Amérique centrale a établi des relations diplomatiques avec la Chine en 2017 après avoir rompu ses relations diplomatiques avec Taïwan.
Une majorité de 45 des 71 députés de l’Assemblée nationale du Panama ont formé mardi un groupe chargé de rechercher des investissements ainsi que des échanges commerciaux et politiques avec des entrepreneurs et des parlementaires taïwanais.
Le député d’opposition Medin Jiménez, membre du Parti panaméen (droite), a déclaré dans un bref message adressé à l’AFP que le Panama était « neutre » et « devait renforcer toutes ses relations avec les pays amis ».
Dans un communiqué publié par son ambassade, Pékin a exprimé « son vif mécontentement et son rejet catégorique » de cette initiative, en accusant les députés de « s’ingérer de manière flagrante dans les affaires intérieures de la Chine ».
Cette commission parlementaire multipartite « enfreint le principe d’une seule Chine (…), va à l’encontre de la politique étrangère de l’Etat panaméen et envoie un signal erroné », selon le communiqué, qui demande aux législateurs de changer d’attitude « dans les plus brefs délais ».
Elle compte des élus de différents partis. Selon les médias locaux, des responsables de l’Assemblée nationale étaient présents lors de la cérémonie de présentation.
« Il s’agit d’une décision importante » prise par deux pays qui « comprennent les valeurs démocratiques », a déclaré le député de l’opposition José Pérez à la chaîne EcoTV.
L’objectif est de rechercher « des avantages pour le peuple panaméen », tels que des bourses et des échanges de connaissances, a-t-il ajouté.
Au cours des derniers mois, une vingtaine de députés panaméens se sont rendus à Taïwan, où ils ont rencontré des responsables et des chefs d’entreprise.
Les relations avec la Chine se sont refroidies à la suite de la décision de la justice panaméenne d’annuler une concession accordée à une entreprise hongkongaise pour l’exploitation de deux ports sur le canal de Panama, voie commerciale vitale entre l’Atlantique et le Pacifique.
Cette décision est intervenue dans un contexte de fortes pressions américaines, Donald Trump ayant menacé de reprendre le contrôle du canal, qu’il affirmait être « contrôlé » par Pékin.




