Vers 09h30, plusieurs colonnes de CRS sont arrivées sur place, a constaté l’AFP, face aux pêcheurs qui les ont invectivés avant de se disperser: « vous êtes aussi concernés! N’oubliez pas que vous allez à la pompe vous aussi! Nous on meurt de faim », leur a lancé un des pêcheurs.
A l’issue d’une réunion des représentants des pêcheurs avec la région Occitanie à Sète, Louise Hennache, de l’Organisation des producteurs du Sud, a indiqué que « la région a assuré son soutien à la pêche ».
Mais les pêcheurs attendent surtout beaucoup de la rencontre prévue jeudi en fin de matinée avec la ministre de la Pêche, à Paris. L’objectif est « de montrer qu’on ne lâche pas la pression. Et selon ce qui sera dit demain, on jugera de la suite du mouvement », a expliqué à l’AFP Ange Natoli, patron-pêcheur à Martigues (Bouches-du-Rhône).
Présent sur le blocage de Frontignan mercredi, Brice Rousseau, pêcheur au Grau-du-Roi, dans le Gard, a témoigné d’un salaire « diminué de moitié » en cinq ans : « On ne gagne plus d’argent, on ne s’en sort plus, le gazole, c’est une augmentation massive qu’on a eue, le double en 6 mois. On n’y arrive plus et s’il n’y a pas quelque chose qui est fait, on va durcir les mouvements ».
Le port de Port-La-Nouvelle (Aude) est bloqué par les manifestants depuis la nuit de mardi, a indiqué à l’AFP Mme Hennache de l’OP Sud.
Les manifestants ont « toujours les mêmes revendications », a précisé à l’AFP Christine Poncharreau, représentante du Comité Paca des pêcheurs: « que les aides soient versées rapidement, et qu’on allège le règlement West med » qui restreint le chalutage en Méditerranée.
Mardi matin déjà des pêcheurs avaient bloqué pendant plusieurs heures un dépôt pétrolier à Fos-sur-Mer, avant une intervention des CRS qui avaient levé le blocage.
Les pêcheurs avaient déployé des banderoles: « L’Europe nous tue », « L’UE coule nos bateaux et Paris nous regarde ».
Dans le port de Sète (Hérault), des pêcheurs avaient également empêché mardi le départ d’un bateau de la Corsica Ferries.
Le mouvement a été lancé lundi par les comités régionaux des pêches d’Occitanie, de Paca et de Corse, les trois organisations de producteurs (OP) de Méditerranée et des syndicats de marins (salariés et patronaux).
La France est le deuxième producteur européen de produits de la pêche, derrière l’Espagne, avec 477.000 tonnes de poissons et crustacés pêchés en 2024, un volume quasi stable (+1%) par rapport à 2023, selon les données du gouvernement.




