Poutine devra « rendre des comptes », affirme Borrell après avoir vu la veuve de Navalny

Bruxelles, 19 fév 2024 (AFP) – Le président russe Vladimir Poutine devra « rendre des comptes » pour la mort d’Alexeï Navalny, a affirmé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, après avoir rencontré lundi à Bruxelles la veuve de l’opposant russe mort en prison.

« Nous avons exprimé les plus profondes condoléances de l’UE à Ioulia Navalnaïa », a ajouté M. Borrell en rendant compte de l’intervention de la veuve d’Alexeï Navalny devant les ministres des Affaires étrangères de l’UE réunis à Bruxelles.

A l’issue de cette réunion, les Vingt-Sept ont réclamé la tenue d’une « enquête internationale indépendante et transparente sur les circonstances de cette mort soudaine », a indiqué un communiqué.

« Vladimir Poutine et son régime devront rendre des comptes pour la mort d’Alexeï Navalny », avait indiqué plus tôt M. Borrell sur X, après que les ministres des Vingt-Sept eurent entendu Mme Navalnaïa.

Mais, « comme Ioulia l’a dit, la Russie n’est pas Poutine et Poutine n’est pas la Russie », a souligné M. Borrell.

Les ministres se sont levés et ont longuement applaudi la veuve de l’opposant russe à la fin de sa brève allocution, selon un diplomate européen.

Selon plusieurs d’entre eux, Ioulia Navalnaïa a réaffirmé son engagement à poursuivre le combat de son mari, principal opposant de Vladimir Poutine jusqu’à sa mort vendredi dans une prison dans l’Arctique russe, comme elle l’avait affirmé plus tôt dans une vidéo diffusée en ligne.

« Alexeï Navalny était un héros et il est mort en héros », a-t-elle également déclaré, selon ses propos rapportés par un diplomate européen.

Elle a réclamé de l’Union européenne qu’elle cible davantage l’entourage de Vladimir Poutine et « les oligarques corrompus » qui le soutiennent, selon cette source.

Plusieurs ministres européens se sont dits favorables à de nouvelles sanctions contre la Russie, à leur arrivée lundi à Bruxelles.

« Nous allons mettre en oeuvre de nouvelles sanctions », a affirmé la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock.

« C’est le minimum que nous pouvons faire », a ajouté son homologue lituanien Gabrielius Landsbergis.

L’UE a déjà sanctionné à plusieurs reprises la Russie, avec 12 paquets de mesures, et s’apprête à en adopter un treizième à l’occasion du second anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février prochain.

« Poutine est un meurtrier. Poutine a assassiné une personne qui se battait pour la liberté, pour la démocratie, et c’est exactement pour cela que nous devons aller de l’avant » dans le soutien à l’Ukraine, a déclaré le ministre estonien des Affaires étrangères, Margus Tsahkna.

Pour plusieurs ministres, le meilleur moyen d’affaiblir le président russe est d’aider l’Ukraine, qui va entrer samedi dans sa troisième année de conflit.

« Il faut que nous prenions conscience de ce qui est en jeu aujourd’hui. Si l’Ukraine est envahie, si la Russie parvient à s’étendre, c’est une dictature qui va s’étendre et se rapprocher encore un peu plus de l’Union européenne », a ainsi averti la ministre belge des Affaires étrangères Hadja Lahbib.

ob/jug/lpt

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