« Ces dernières années, toute ma vie est une série de miracles », a-t-il déclaré lors d’une interview avec le journaliste en exil critique du Kremlin, Alexandre Pliouchtchev.
Boris Nadejdine, 63 ans, fait partie des rares personnes en Russie à dénoncer publiquement le président Vladimir Poutine et l’offensive russe en Ukraine, sans être en prison ou en exil.
Récemment, il a fustigé « les conséquences de la guerre », citant la « crise du carburant » causée par les frappes ukrainiennes et accusant le président russe d’avoir plongé le pays dans « l’isolationnisme » et « l’autoritarisme ».
Lundi, il a été brièvement arrêté dans la région de Moscou dans le cadre de poursuites lancées contre lui pour « démonstration de symboles extrémistes ».
Il lui est reproché d’avoir publié une vidéo en 2023 dans laquelle figure une photo de l’opposant Alexeï Navalny, condamné notamment pour « extrémisme » avant son décès dans une prison de l’Arctique en février 2024.
M. Nadejdine doit comparaître vendredi dans la banlieue de Moscou pour cette affaire administrative dans laquelle il encourt 15 jours d’emprisonnement, selon l’agence TASS.
Vendredi, il a également été placé sur la liste des « agents de l’étranger », un statut impliquant de nombreuses contraintes sous peine d’amendes ou d’emprisonnement.
Sa candidature aux élections législatives, pour laquelle il rassemblait des signatures, est désormais fortement compromise.
Fin 2023, cet ancien député à la Douma (2000-2003) s’était déjà lancé dans la campagne présidentielle: il était alors le seul opposant à Vladimir Poutine et à son offensive en Ukraine à se présenter pour le scrutin de mars 2024.
Mais en février 2024 les autorités électorales avaient rejeté sa candidature, en soutenant avoir trouvé des irrégularités dans les 100.000 signatures recueillies.
Depuis l’attaque massive contre l’Ukraine, le pouvoir russe a fortement accru ses répressions, emprisonnant des centaines de critiques du conflit. La quasi-totalité des opposants sont désormais emprisonnés, morts ou en exil à l’étranger.
« J’espère que je resterai en vie, libre et en Russie », a déclaré M. Nadejdine dans l’interview publiée mardi.
Mais il n’a pas exclu non plus de devoir quitter le pays si la menace d’un emprisonnement prolongé se précisait, disant ne pas vouloir « répéter » le parcours d’Alexeï Navalny.




