« La première campagne, entre le 26 février et le 28 avril, a permis de porter secours à 917 personnes » qui étaient en détresse « sur des bateaux pneumatiques de très mauvaise qualité, inaptes à la traversée, à moitié dégonflés », a indiqué Sophie Beau, la directrice générale de l’ONG.
Au-delà de cette initiative, la plupart des sauvetages sont aujourd’hui effectués par les garde-côtes italiens ou des navires militaires proches des côtes européennes.
Le navire affrété par SOS Méditerranée, l’Aquarius, « repart aujourd’hui de Sicile », avec 27 personnes à bord, a-t-elle ajouté, lors d’une conférence de presse qui a permis à l’association de détailler les conditions parfois tragiques des six sauvetages qu’elle a menés en haute mer, au sud de l’Italie.
« La 14 avril, nous avons découvert quatre personnes blessées par balles à bord d’un bateau, témoignage du véritable enfer que vivent les migrants en Libye », a indiqué Mme Beau.
Mais le plus tragique restera le sauvetage de 108 personnes, rescapées « in extremis » d’un bateau où huit décès ont été constatés.
« Il faut aller en mer le plus vite possible. Nous ne pensons pas qu’il faille attendre les beaux jours », synonyme d’intensification des traversées, a indiqué la responsable, pour qui « la crise migratoire va durer ».
« On a beaucoup de craintes pour l’été 2016. Des milliers de personnes attendent en Libye et on peut craindre un report des routes vers la Méditerranée centrale à la suite de l’accord entre l’UE et la Turquie », a-t-elle ajouté, même si pour le moment cette menace ne s’est pas concrétisée.
L’ONG a dans ce contexte souligné les besoins financiers importants de sa campagne, chiffrée à « 11.000 euros par jour ». Le budget pour 2016 est estimé à 3,6 millions d’euros et « il reste 1,1 million d’euros à trouver ».
Les donateurs sont à 98% privés, les 2% restants provenant de la ville de Paris et « de deux députés » dont l’identité n’a pas été dévoilée.
Cette annonce de SOS Méditerranée intervient alors que Médecins sans Frontières (MSF) a elle aussi repris ses opérations de recherche et sauvetage en mer le week-end dernier. MSF sera en outre le partenaire de SOS Méditerranée à bord de l’Aquarius.
« Alors que les guerres et les crises continuent de provoquer la fuite de millions de personnes, l’absence d’une réponse globale à la crise des réfugiés, les politiques de dissuasion menées par les États européens, ainsi que leur refus de proposer d’autres moyens de migration que la traversée meurtrière de la Méditerranée, continuent de tuer des milliers de personnes » a déploré Joanne Liu, présidente internationale de MSF, dans un communiqué.
Les responsables de SOS Méditerranée ont eux aussi pointé l »insuffisance des pouvoirs publics ». « Evidemment il faudrait des missions de sauvetage », a estimé Sophie Beau. « Ce serait tellement simple et logique. Mais il y a une co-responsabilité de la société civile, les humanitaires doivent aussi prendre leur part », selon elle.




