Abdul Razak Baginda, conseiller de Najib Razak, ministre de la Défense de 2000 à 2008, a été mis en examen le 18 juillet pour « complicité de corruption active et passive » et « recel d’abus de biens sociaux », a précisé cette source.
Au coeur de l’affaire, un contrat d’environ un milliard d’euros pour la vente de deux sous-marins Scorpène et d’un sous-marin Agosta, signé en 2002 entre la Direction des constructions navales (DCN), alliée avec le groupe Thales, et la Malaisie.
La justice soupçonne que des pots-de-vin, dissimulés derrière des contrats de consultants, aient pu servir à corrompre, via Abdul Razak Baginda, l’ex-ministre de la Défense, devenu Premier ministre en 2009.
L’un de ces contrats prévoyait le versement par la DCNI, filiale de la DCN, de 30 millions d’euros à Thalès International Asia (Thint Asia). L’enquête montre qu’une autre société, Terasasi, dont l’actionnaire principal était Abdul Razak Baginda, a touché environ la même somme pour des consultations sur le dossier. Les enquêteurs soupçonnent ces consultations de n’être qu’un paravent pour dissimuler des commissions.
Les juges s’intéressent à un autre marché, prévoyant le versement par la Malaisie de 114 millions d’euros à une société locale, Perimekar, dirigée à l’époque par l’épouse d’Abdul Razak Baginda, mais ce contrat pourrait échapper à l’enquête, car les faits ne se seraient pas déroulés en France.
Quatre anciens dirigeants français de l’industrie de la défense sont déjà mis en examen: deux ex-présidents de la DCNI, Dominique Castellan (1991-2001) et Philippe Japiot (2001 à 2007), et deux ex-patrons de Thint Asia, Bernard Baïocco et Jean-Paul Perrier. Tous contestent les faits.
Les coulisses de ce marché avaient été découvertes lors de l’enquête en Malaisie sur l’assassinat en 2006 d’une interprète et intermédiaire mongole, Altantuya Shaariibuu. Cette mannequin, par ailleurs maîtresse d’Abdul Razak Baginda, avait participé aux négociations.
Une plainte de l’association malaisienne anticorruption Suaram avait déclenché une enquête préliminaire en France, puis une information judiciaire en 2012.
Najib Razak est empêtré dans un autre scandale dans son pays impliquant 1MDB, un fonds d’investissement étatique: des milliards d’euros auraient été siphonnés de cette entité, initialement dédiée au développement économique de la Malaisie.
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