Cuba réduit ainsi drastiquement le nombre d’activités interdites aux entreprises privées, quelques semaines après l’approbation par le Parlement d’un paquet de 176 mesures en faveur d’une ouverture à l’économie de marché.
La nouvelle réglementation « élargit de manière considérable le champ d’action des entrepreneurs et des entreprises privées sur l’île », ont indiqué les médias d’État, relayant la nouvelle réglementation éditée par décret.
Distribution d’essence, services pharmaceutiques et optiques, maisons de retraites, terminaux de passagers et de fret, installations portuaires, importations de véhicules, énergies renouvelables, gestions de certaines infrastructures touristiques et sportives, exploitation pétrolière et minière sous conditions, productions d’énergies renouvelables : des pans entiers de l’économie sont désormais ouverts au secteur privé.
Dans le domaine de la santé, les soins restent une « responsabilité de l’État » et « l’activité médicale (…) continue d’être garantie à la population cubaine avec des services hospitaliers gratuits », ont fait savoir les autorités.
L’éducation reste également l’apanage du secteur public, avec une timide ouverture pour les secteurs des gardes d’enfants, cours de langues et soutien scolaire.
La santé et l’éducation gratuite sont deux piliers de la révolution menée par Fidel Castro en 1959, même si la crise économique a considérablement détérioré, ces dernières années, les services de base destinés à la population.
Autres secteurs qui restent aux mains de l’État : le tabac et la production de cigares, un produit d’exportation majeur pour l’île, les médias, les télécommunications, les secteurs de la sécurité et les domaines stratégiques de la défense.
– Accélération et décentralisation –
Le 18 juin, le Parlement avait approuvé un longue liste de 176 mesures prévoyant d’ouvrir quasiment tous les secteurs d’activités aux acteurs privés, notamment l’agriculture et les banques.
Ces annonces en faveur de l’économie de marché marquent un virage historique pour l’île communiste et son économie socialiste centralisée en proie à une profonde crise et mise sous pression depuis des mois par Washington.
Elles interviennent alors que le président américain Donald Trump applique une politique de pression maximale sur l’île de 9,4 millions d’habitants, soumise depuis près de cinq mois à un blocus pétrolier.
Ce blocus a poussé l’économie cubaine, sous embargo depuis 1962, au bord de l’effondrement, provoquant des coupures de courant généralisées, ainsi que des pénuries de nourriture, de carburant, d’eau potable et de médicaments.
Lors de l’annonce des nouvelles mesures, le gouvernement avait également assuré qu’il allait accélérer et décentraliser l’approbation de la création de petites et moyennes entreprises, autorisées depuis 2021.
Selon les autorités mercredi, elles sont désormais plus de 15.000, un chiffre qui montre une accélération récente dans le processus d’approbation ces dernières semaines. Elles vont également pouvoir employer plus de 100 personnes.
Elles n’ont cessé de gagner du terrain dans le tissu économique. Elles ont représenté plus de la moitié du commerce de détails en 2025 et emploie désormais plus d’un tiers de la population active.
Mercredi, l’Assemblé nationale du pouvoir populaire, réunie en session ordinaire, doit également examiner plusieurs projet de loi concernant l’agriculture, le logement, la réorganisation de l’administration et la législation du travail.
En matière agricole, la propriété de l’État sur les terres doit être conservée, mais les conditions d’usufruit devraient être considérablement élargies pour les agriculteurs, les coopératives, les entreprises privées, qu’elles soient nationales ou étrangères.
Concernant le logement, les Cubains vont pouvoir posséder deux maisons en ville (contre une actuellement) et une à la campagne. L’hypothèque va également être autorisée.




