Turquie, Bulgarie et Roumanie alliées contre les mines en mer Noire

Istanbul, 10 jan 2024 (AFP) – La Turquie, la Bulgarie et la Roumanie, trois pays riverains de la mer Noire, frontalière du conflit en Ukraine, signeront jeudi à Istanbul un accord de déminage des eaux, ont annoncé leurs responsables.

Le ministre roumain de la Défense Angel Tilvar et le vice-ministre bulgare de la Défense Atanas Zapryanov sont attendus sur les rives du Bosphore “jeudi à 11H00” (08H00 GMT) pour signer cette “Triple Initiative” contre les mines en mer Noire (MCM) avec le ministre turc de la Défense Yasar Güler, selon le ministère de ce dernier.

Depuis le début du conflit en Ukraine, le 24 février 2022, les trois pays redoutent d’être affectés par des mines dérivantes, dont plusieurs ont déjà été repérées et repêchées sans dommage au large de leurs côtes.

Selon le ministère roumain, cette structure disposera d’un commandement par rotation de six mois et assurera “un niveau de surveillance et de réaction constant, contribuant au renforcement d’une alliance dissuasive et de défense”.

Le ministère bulgare relève que cette Initiative vise à “garantir la sécurité en mer Noire contre la menace des mines apparue suite à l’agression russe contre l’Ukraine”.

Mais Sofia tient à préciser qu’il s’agit d’une initiative “totalement pacifique (qui) n’est pas dirigée contre un pays quelconque” ni n’entend “se substituer à la présence ou aux activités de l’Otan”.

Ankara, qui est parvenu à ménager ses relations avec Moscou et Kiev, insiste également sur le fait que cet accord “destiné à contribuer à la sécurité de la navigation en mer Noire, n’a pas été formé contre ou comme alternative à un pays ou à une structure, mais a été créé uniquement à des fins défensives”.

Depuis le 26 mars 2022, précise le ministère turc, la marine turque exerce une “surveillance des mines sans interruption, avec des avions de patrouille maritime, des drones, des navires d’intervention rapide, des radars de surveillance côtière et des systèmes électro-optiques”.

La Turquie a barré début janvier l’accès à la mer Noire, via le Bosphore, à deux bâtiments démineurs de la Royal Navy britannique destinés à soutenir l’Ukraine en arguant de la Convention de Montreux.

En vertu de ce traité, signé en 1936, qui confère à Ankara la responsabilité de la navigation dans les détroits des Dardanelles et le Bosphore – voies d’accès stratégiques à la mer Noire – la circulation des navires de guerre y est interdite en période de conflit sauf aux bâtiments qui y sont régulièrement stationnés.

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