L’incident, le 18 août, a entraîné un déversement anormal de lactose brut dans le cours d’eau, en raison de la saturation de la station d’épuration de l’entreprise, qui a alerté les services de l’État quatre jours plus tard, le 22 août.
La forte concentration en matière organique a appauvri en oxygène la Seiche, affluent de la Vilaine. « Plusieurs milliers de poissons », selon Jérémy Grandière, président de la Fédération de pêche d’Ille-et-Vilaine, ont été retrouvés morts asphyxiés à la surface, sur 8 km, au sud-est de Rennes.
« La puanteur est terrible. On va vers un gros problème sanitaire, il y a urgence à agir », a-t-il déclaré à l’AFP.
La préfecture d’Ille-et-Vilaine a indiqué dans un communiqué que des mesures avaient « immédiatement été prises » lorsque la pollution a été portée à sa connaissance: « Enlèvement et équarrissage des poissons morts, déviation du lactose dans les bassins de rétention de l’entreprise, dilution de l’eau de la rivière. »
Selon le secrétaire général de la préfecture, Denis Olagnon, les mesures effectuées quotidiennement par l’Agence française de biodiversité (AFB) montrent une « forte diminution » de la pollution. Montée à 240 mg/L la semaine dernière, la concentration en lactose était retombée lundi à 75 mg/L.
La préfecture a fait savoir que l’usine serait inspectée et qu’un procès-verbal « pour infraction délictuelle au Code de l’environnement » serait transmis au parquet.
La Fédération de pêche d’Ille-et-Vilaine a déposé plainte contre Lactalis. « On a l’impression que Lactalis se moque de nous. Le directeur de l’usine a fait appel à la solidarité des pêcheurs pour l’aider à ramasser les poissons morts, mais ce sont leurs cadavres! », estime Jérémy Grandière.
Contacté par l’AFP, Lactalis assure avoir « pris le sujet à bras le corps » face à une situation « critique ».
« Une trop grande quantité de lactose a été envoyée à la station d’épuration et avec la sécheresse, ça a fait un cocktail détonnant », a expliqué le groupe. « Nous avons mis en place un plan d’action, nos équipes sont +non stop+ sur le cours d’eau et nous avons diminué un peu l’activité du site car, pour réguler une station d’épuration, il faut un peu de temps », a-t-on ajouté.




