La voie interocéanique, qui relie l’Atlantique au Pacifique et par laquelle transite 5% du commerce maritime mondial, a déjà commencé à réduire progressivement le nombre maximal de navires de 36 par jour, à 34 vendredi dernier, et à 32 à partir du 15 septembre.
Mais Ilya Espino de Marotta, investie lundi à la direction du canal, a averti qu’elle n’excluait pas de nouvelles restrictions, si la sécheresse ne faiblit pas.
« Nous n’écartons pas le fait qu’en février ou mars, il faudra diminuer, probablement pas à 24 passages par jour, mais à 29 ou quelque chose d’approchant, cela pourrait avoir un impact », a déclaré Mme Espino de Marotta, lors d’un entretien avec l’AFP.
Long de 80 kilomètres, le canal de Panama fonctionne principalement avec de l’eau de pluie, stockée dans les lacs artificiels de Gatun et Alhajuela, dont le niveau a baissé du fait de la sécheresse générée par El Niño, qui pourrait durer jusqu’à la mi-2027 et se profile comme la plus intense jamais enregistrée.
L’objectif des restrictions de passages est d’économiser cette eau douce, indispensable pour déplacer les navires dans les écluses – jusqu’à 26 mètres au-dessus du niveau de la mer – afin qu’ils puissent traverser l’isthme entre les deux océans.
En 2023, El Niño avait contraint les autorités du canal à diminuer le nombre de passages de 38 à 22, les lacs étant alors à leur niveau minimal.
Ilya Espino de Marotta, première femme à diriger ce canal construit par les Etats-Unis en 1914, a toutefois dit espérer ne pas avoir à prendre les mêmes restrictions qu’il y a trois ans.
Il y a quelques jours, l’Autorité du canal (ACP) a également commencé à réduire le tirant d’eau des navires – la profondeur du bateau sous la ligne de flottaison – de 15,24 à 14,63 mètres.
Les Etats-Unis et la Chine sont les principaux usagers de cette voie maritime.
Le 26 août, le Panama a déclaré l’état d’urgence face à El Niño, phénomène naturel qui revient tous les deux à sept ans, et se traduit cette année par une hausse des températures et une baisse des précipitations dans plusieurs pays d’Amérique centrale.




