Sur la période d’avril à juin, le chiffre d’affaires du groupe a grimpé de 19% sur un an pour atteindre 15,7 milliards de dollars, tandis que son bénéfice net a bondi de 48% à 770 millions de dollars, selon les résultats publiés par l’entreprise.
Cette croissance s’explique d’abord par une hausse de 6% des volumes de conteneurs transportés, portée par des entreprises soucieuses de reconstituer leurs stocks face aux perturbations logistiques au Moyen-Orient.
La période a aussi offert « une fenêtre d’opportunité pour les entreprises » pour charger des marchandises entre l’annulation par la Cour suprême d’une partie des droits de douane de Donald Trump et l’application de nouvelles taxes fin juillet, a souligné à l’AFP le directeur financier du groupe, Ramon Fernandez.
Cette forte demande a entretenu des « taux de fret » élevés (les tarifs facturés par les armateurs), permettant d’absorber les importants surcoûts d’exploitation générés par le conflit au Moyen-Orient et le blocage du stratégique détroit d’Ormuz.
Pour maintenir la circulation dans la région, le groupe a dû déployer des « corridors terrestres » combinant route et rail, alors que huit de ses navires se trouvent encore dans le Golfe.
Le groupe a également refaçonné ses trajets habituels autour de ports « secondaires » qui permettent d’éviter le détroit d’Ormuz.
Grâce à cette forte demande qui a permis des prix soutenus, l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de CMA CGM, un indicateur de rentabilité, s’est envolé de 31% à 2,99 milliards de dollars.
Très exposée au secteur automobile européen en difficulté, sa branche logistique voit en revanche sa rentabilité s’effriter, malgré un chiffre d’affaires en hausse à 5,01 milliards de dollars (+8,5%), a expliqué la direction.
La marge brute d’exploitation de cette branche s’est ainsi établie à 7,8% du chiffre d’affaires au premier semestre, contre 9,9% un an plus tôt.
Face aux incertitudes commerciales et géopolitiques, CMA CGM dit aborder la fin de l’année avec « prudence » , Ramon Fernandez concédant une visibilité « extrêmement limitée ».
Parallèlement à ses résultats, le groupe a également indiqué mardi avoir finalisé sa société commune avec le fonds d’investissement américain Stonepeak, qui a déboursé 2,4 milliards de dollars pour investir dans neuf grands ports de l’armateur français dans le monde, dont New York et Los Angeles.




