Fervente partisane de ce processus démocratique pour trouver un candidat commun de la gauche hors LFI, Marine Tondelier assure, à la veille d’un conseil fédéral de son parti, que « tout ce que les Ecologistes pouvaient faire pour la primaire, nous l’aurons fait ».
Mais cette initiative est mal engagée. Le patron socialiste Olivier Faure y est favorable, mais son opposition interne la refuse. Feu rouge aussi pour le patron de Place Publique, Raphaël Glucksmann, proche du PS et l’un des mieux placés dans les sondages à gauche.
Pour convaincre les réfractaires, Olivier Faure a proposé qu’il y ait d’abord une désignation interne d’un candidat de l’arc social-démocrate, qui participerait ensuite à une primaire du reste de la gauche hors LFI, avec notamment Marine Tondelier. Olivier Faure a aussi promis un vote des militants socialistes d’ici au 9 juillet pour valider la stratégie.
Mais la proposition a pour l’instant été rejetée par Raphaël Glucksmann.
« Il faut maintenant que les militants socialistes tranchent et que le Parti socialiste prenne ses responsabilités », a estimé Marine Tondelier devant la presse.
« S’ils souhaitent construire une aventure solo ou une union des centres plutôt qu’une union de la gauche et des écologistes ce sera leur choix. Mais ça sera sans nous », a-t-elle insisté.
Mme Tondelier fait face à une motion de son opposition, proposant que dans le cas où la primaire n’était pas organisée « avant le 30 octobre 2026 », ou si elle ne réunit pas un périmètre plus large, un débat et un vote des militants ou du conseil fédéral puissent avoir lieu pour « déterminer si Les Écologistes présentent une candidature à l’élection présidentielle ».
Pour la députée Sandrine Rousseau, il faut avoir des discussions avec tous les partenaires de gauche, y compris La France insoumise. « Ca fait six mois qu’on attend le PS, qui prend son temps pour nous acheter au plus bas prix » avec un accord législatif, a-t-elle déploré auprès de l’AFP.
« A force de ne pas avancer, on risque de se retrouver contraint à l’agenda du PS », dénonce un autre opposant, Clovis Daguerre, qui appelle à ce que « tous les scénarios soient mis sur la table ».
Il n’est pas certain que la motion, qui doit recueillir 60% des voix, puisse être adoptée. D’autant qu’une motion de report a aussi été déposée, pour différer le débat au conseil fédéral suivant, le 11 juillet, après le vote socialiste. « Une stratégie d’étouffement du débat », pour Sandrine Rousseau.
D’autres estiment que la patronne écologiste a surtout en tête de présenter une candidature autonome, en cas de non primaire. « Mon travail c’est d’être libre, et de préparer toutes les options », répond Mme Tondelier.
« Si des gens ne veulent pas de candidature écologiste ou que ce ne soit pas moi, il faudra qu’ils puissent s’exprimer », assure-t-elle.




