Des élections législatives sous haute sécurité en Nouvelle-Calédonie, toujours sous tension

Nouméa, 27 juin 2024 (AFP) – Le premier tour des élections législatives se déroulera dimanche sous un dispositif de sécurité « renforcé » en Nouvelle-Calédonie, où les tensions restent vives après les émeutes causées par la réforme électorale rejetée par les indépendantistes.

Il y a trois semaines, le scrutin européen s’y était soldé par un taux d’abstention de 86,5%, dans un contexte d’insécurité et d’entrave à la circulation.

Pour l’élection des deux députés du territoire français du Pacifique Sud, les autorités anticipent une participation bien supérieure des 229.000 Calédoniens inscrits, et ont adapté leurs moyens.

« Il y aura des files d’attente aux heures de forte affluence, nous allons les sécuriser », a promis le haut-commissaire de la République, Louis Le Franc. « Le dispositif de sécurité sera donc renforcé ».

Plus de 3.500 policiers, gendarmes et militaires ont été envoyés en renfort dans l’archipel depuis le début des violences le 13 mai dernier.

Selon le dernier bilan officiel, elles se sont soldées par 9 morts et des dégâts matériels considérables.

Conséquence à Nouméa, seuls 7 bureaux de vote seront ouverts dimanche, contre 56 normalement. Un de plus que pour les européennes du 9 juin.

« C’est une élection hors norme », a commenté pour l’AFP Alan Boufenèche, directeur de la vie citoyenne de la ville. « Trois semaines pour la préparer, c’est extrêmement court », a-t-il plaidé, « on a (aussi) des agents qui ont des difficultés à se rendre sur leur lieu de travail ».

Lors du scrutin européen, les communes d’Ouvéa et Kouaoua n’avaient pu ouvrir leurs bureaux de vote pour cause de mobilisation indépendantiste.

« Pour les législatives, aucune commune n’a indiqué qu’elle ne souhaitait pas ou ne pouvait pas organiser le scrutin », a assuré le représentant de l’État

« S’il y avait des éléments, individuels ou collectifs, qui voulaient s’opposer à l’exercice du droit de vote qu’ont les électeurs calédoniens, eh bien moi je prendrai mes responsabilités avec les forces sécurité intérieure », a assuré M. Le Franc.

Aucun mouvement politique n’a donné de consignes de boycott du scrutin législatif.

Signe de l’intérêt de la population pour l’élection, une file s’est formée devant le commissariat central de Nouméa pour faire établir des procurations.

Active dans les médias, la campagne est restée absente des murs des villes et des villages. Du Nord au Sud de la Grande Terre, pas un panneau électoral.

« Les maires n’ont pas souhaité la propagande », a expliqué le haut-commissaire.

« Les ateliers municipaux de la ville ont été pillés, brûlés. Plus d’un tiers de nos véhicules sont en cendre. Donc on n’a pas aujourd’hui les moyens matériels pour mettre en place ces panneaux d’affichage », a nuancé Alan Boufenèche.

Voir les autres articles de la catégorie

N° 282 en lecture gratuite

Marine & Océans vous offre exceptionnellement le numéro 282 consacré à la mission Jeanne d’Arc 2024 :
  • Une immersion dans la phase opérationnelle de la formation des officiers-élèves de l’École navale,
  • La découverte des principales escales du PHA Tonnerre et de la frégate Guépratte aux Amériques… et de leurs enjeux.
Accédez gratuitement à la version augmentée du numéro 282 réalisé en partenariat avec le Centre d’études stratégiques de la Marine et lÉcole navale

OCÉAN D'HISTOIRES

« Océan d’histoires », la nouvelle web série coanimée avec Bertrand de Lesquen, directeur du magazine Marine & Océans, à voir sur parismatch.com et sur le site de Marine & Océans en partenariat avec GTT, donne la parole à des témoins, experts ou personnalités qui confient leurs regards, leurs observations, leurs anecdotes sur ce « monde du silence » qui n’en est pas un.