En pleine crise diplomatique, l’Assemblée nationale contrôlée par le pouvoir et présidée par Jorge Rodriguez – frère de Delcy Rodriguez – avait déclaré persona non grata Kamla Persad-Bissessar en octobre 2025.
Depuis le 3 janvier et la capture de Nicolas Maduro par l’armée américaine, Mme Rodriguez, qui gouverne sous pression américaine, normalise progressivement ses relations et sort de son isolement.
« La présidente Rodríguez et la Première ministre Persad-Bissessar ont tenu une cordiale réunion de travail, marquant le début d’une nouvelle ère dans les relations bilatérales. Au cours de la réunion, les dirigeantes ont réaffirmé les liens historiques d’amitié et de coopération qui unissent » les deux pays, selon le communiqué commun.
« Dans le but de maintenir un mécanisme de concertation directe au plus haut niveau, les deux dignitaires ont convenu d’effectuer des visites officielles à Caracas et à Port-d’Espagne. La partie vénézuélienne a indiqué que la Première ministre était effectivement persona grata au Venezuela », souligne le texte.
Mme Persad-Bissessar avait soutenu le déploiement militaire américain dans les Caraïbes et notamment autorisé la visite d’un navire de guerre américain, l’USS Gravely, à Port-d’Espagne. Ce déploiement a permis aux Américain de capturer M. Maduro.
Mais récemment, Delcy Rodriguez (vice-présidente de M. Maduro) s’est rapprochée de Trinité-et-Tobago, notamment à travers de lucratifs accords énergétiques signés avec des multinationales pour exploiter des gisements dans la zone maritime frontalière que partagent les deux pays – le petit archipel anglophone se trouve à une dizaine de kilomètres de son voisin.
« Je l’aime. J’espère la rencontrer », avait confié Mme Persad-Bissessar à des journalistes qui l’interrogeaient sur une possible rencontre avec Mme Rodriguez avant l’Assemblée générale de l’ONU, à New York.
En août, le Venezuela a annoncé des accords avec British Petroleum (BP), l’entreprise XRG des Emirats arabes unis et UCC, basée au Qatar, pour poursuivre l’exploration du champ Lorán, qui comprend sept gisements de gaz naturel, dont six sont transfrontaliers avec Trinité-et-Tobago.
A ce sujet, Mme Persad-Bissessar avait dit espérer conclure d’autres accords : « Je ne doute pas que l’année prochaine nous verrons du gaz naturel (vénézuélien) arriver à Trinité », balayant les frictions passées : « Nous sommes des voisins. Nous sommes une famille ».
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