Rebond du pétrole, Ormuz inquiète
Vers 02H00 GMT, le cours du baril de West Texas Intermediate (WTI) nord-américain pour livraison en août, grimpait de 4,31% à 74,49 dollars.
Celui du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre, référence internationale, augmentait de 4,22% à 79,22 dollars.
La nouvelle embardée du marché reflète la reprise des tensions géopolitiques: des affrontements entre les Etats-Unis et l’Iran ont repris ces derniers jours, alors que les deux pays avaient signé le 17 juin un protocole d’accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Le texte prévoyait une réouverture du détroit d’Ormuz par lequel transitait avant la guerre un cinquième du brut mondial.
Sa fermeture par l’Iran au début de la guerre avait provoqué une flambée des cours du pétrole et des tensions d’approvisionnement – un baril de Brent coûtait plus de 110 dollars au plus fort du conflit.
Or, Téhéran considère que le détroit ne peut être traversé que selon ses conditions et a annoncé dimanche sa fermeture « jusqu’à nouvel ordre ». Des navires ayant emprunté une route non autorisée par l’Iran ont subi des attaques.
Les Etats-Unis assurent de leur côté que le détroit reste ouvert. Ils ont lancé une nouvelle série de frappes contre la République islamique pour l’empêcher « d’attaquer les équipages civils et navires commerciaux », selon les mots du Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
« Des navires parviennent encore à passer, mais le trafic est bien inférieur à la normale ; le passage dépend de plus en plus de la coordination militaire, de la disponibilité des assurances et de la volonté des équipages de pénétrer dans une zone de conflit actif », observe Stephen Innes, de SPI Asset Management.
« Il ne s’agit pas d’une voie maritime ouverte normale. C’est un couloir au fonctionnement partiel, assorti d’une prime de risque liée aux attaques. Les investisseurs vont désormais surveiller les volumes de transit plutôt que la rhétorique » des gouvernements, insiste-t-il.
Certes, « les prix actuels du pétrole reflètent toujours la conviction (du marché) que ni Washington ni Téhéran ne souhaitent une guerre régionale généralisée: le Brent reste bien en deçà de son pic atteint durant le conflit », tempère-t-il.
Mais « le marché n’a pas reconstitué de véritable marge de sécurité: la production mondiale demeure nettement inférieure aux niveaux d’avant-guerre, laissant moins de marge de manoeuvre en cas de nouvelle détérioration du trafic » dans le détroit, prévient M. Innes.
Les Bourses nerveuses, l’IA plombe Séoul
Vers 02H15 GMT à la Bourse de Tokyo, l’indice vedette Nikkei perdait 1,53% à 67.510 points, et l’indice élargi Topix 0,47% à 4.017 points.
« Une reprise des attaques entre les États-Unis et l’Iran pourrait servir de catalyste négatif pour les marchés d’actions », a jugé Shoji Hirakawa, du cabinet Tokai Tokyo Intelligence Lab, cité par Bloomberg.
Toute nouvelle hausse des cours du pérole peut alimenter l’inflation et peser sur la conjoncture économique.
« Une évolution modérée du prix du Brent peut masquer une hausse bien plus préoccupante des prix à la pompe qui irriguent réellement l’économie. Si le pétrole brut fait office de voyant d’alerte, le diesel représente la température du moteur », rappelle M. Innes.
De son côté, la Bourse de Séoul plongeait à nouveau de 4,90%, poursuivant son effondrement de la semaine précédente sur fond de coup de froid sur les titres des champions des puces mémoires Samsung Electronics et SK hynix, dont la capacité à maintenir leur rythme de progression des bénéfices interroge les marchés.
La Bourse de Taipei gagnait en revanche 0,99%, Sydney cédait 0,27%, et l’indice hongkongais Hang Seng avançait de 0,89% vers 02H15 GMT.
Repli du yen, l’or souffre
La monnaie japonaise reste sous pression: elle reculait de 0,23% vers 02H15 GMT à 162,05 yens pour un dollar. Elle avait atteint début juillet 162,84 yens, son plus bas niveau face au billet vert depuis 1986.
L’or, de son côté, reculait également (-1,20%) à 4.071 dollars l’once, en dépit des tensions géopolitiques aggravées.
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