Les voies d’eau affectées par la sécheresse, des canaux fermés

Paris, 3 août 2022 (AFP) – La navigation est assurée sur les voies d’eau à grand gabarit, mais la sécheresse contraint les bateaux à s’alléger sur le Rhin et affecte fortement les activités de plaisance sur les petits canaux, selon un point de Voies navigables de France (VNF) publié mercredi.

Sur le grand gabarit –des voies d’eau permettant le passage de bateaux transportant plus de 1.000 tonnes de marchandises, soit 30% du réseau–, “VNF maintient le service notamment grâce à l’action de ses barrages” qui permettent de garder un niveau d’eau suffisant, a indiqué VNF à l’AFP.

La desserte des grands ports maritimes est assurée, de même que les croisières fluviales, a souligné l’établissement public.

VNF signale toutefois “des problèmes d’enfoncement pour le Rhin où les bateaux sont contraints de ne charger qu’au tiers de leur capacité”.

La situation est décrite comme “tendue” pour le petit gabarit dédié à la plaisance, VNF signalant des “fermetures plus ou moins grandes” de canaux, tout particulièrement dans le Grand Est et en Bourgogne: canal de la Marne au Rhin, canal des Ardennes, canal des Vosges, canal entre Champagne et Bourgogne, canal de la Meuse, canal de Bourgogne…

En tout, 579 km de canaux sont fermés, selon un pointage de VNF datant de mardi.

Sur certains canaux, les embarcations doivent se regrouper aux écluses pour les franchir ensemble et économiser de l’eau. VNF cite ainsi les exemples du canal du Midi, du canal latéral à la Garonne, du canal de Briare, du canal latéral à la Loire, du canal de Saint-Quentin et du canal de la Sambre à l’Oise.

“En ces périodes de sécheresse, il est de plus en plus difficile de concilier tous les usages”, navigation, irrigation, alimentation en eau potable et loisirs, constate VNF.

Voies navigables de France gère 6.700 km de voies d’eau –sur les 8.500 km de canaux et cours d’eau navigables de France–, dont 2.400 km à grand gabarit surtout dédiés au fret et 4.300 km de réseau touristique à petit gabarit.

Cette situation survient alors que le France est confrontée à une sécheresse exceptionnelle couplée à une répétition d’épisodes caniculaires. Avec 9,7 millimètres de précipitations, soit un déficit d’environ 84% par rapport aux normales, juillet 2022 a été le second mois le plus sec jamais enregistré depuis le début des mesures en août 1958.