Ormuz: flux de pétrole en hausse grâce au corridor américain (analyse AFP)

Londres, 16 sept 2026 (AFP) – La création d’un couloir de navigation sécurisé par les États-Unis dans le détroit d’Ormuz s’est accompagnée d’une augmentation significative des exportations de pétrole du Golfe, selon une analyse AFP de données de suivi maritime.

Le président américain Donald Trump a déclaré mi-août qu’un « formidable volume de pétrole » était expédié via ce détroit stratégique, qui voyait passer un cinquième du pétrole et du GNL mondiaux avant la guerre déclenchée fin février par des frappes américano-israéliennes sur l’Iran.

Les données des plateformes Kpler et Lloyd’s List Intelligence montrent une reprise en dents de scie des flux depuis juin, qui restent environ moitié moins élevés qu’avant le conflit.

Escorte

Selon des responsables américains cités par Axios, les États-Unis contrôlent un étroit corridor maritime longeant les côtes omanaises depuis environ mi-juin, autour de la date à laquelle un protocole d’accord a été conclu avec l’Iran.

Depuis la reprise des hostilités et les menaces iraniennes de cibler les navires empruntant cet itinéraire le 8 juillet, l’armée américaine fournit une escorte dans la zone.

Environ 330 millions de barils de pétrole transportés par des navires « non liés à l’Iran », selon le critère utilisé par Lloyd’s, ont transité par le détroit d’Ormuz depuis le 8 juillet, soit environ 4,9 mb/j.

Ce volume a toutefois augmenté régulièrement depuis, pour atteindre une moyenne de presque 8 mb/j la première semaine de septembre. Quelque 14 millions de barils ont transité la seule journée du 7 septembre.

Environ 18 mb/j franchissaient le détroit d’Ormuz en temps de paix, contre 1,4 mb/j entre début mars et la signature du protocole d’accord le 17 juin, avant de remonter à 9,4 mb/j jusqu’au 8 juillet.

Lloyd’s considère comme « non lié à l’Iran » un transit effectué par un navire ne se rendant pas dans un port iranien ou n’en provenant pas, ne battant pas pavillon iranien, sans propriétaire en Iran, et ne figurant ni sur une liste de sanctions ni au sein de la flotte fantôme.

Le décompte de l’AFP exclut également les navires empruntant l’itinéraire de navigation défini par l’Iran, proche de ses côtes.

Limites

Compte tenu des menaces visant les navires empruntant les routes interdites par Téhéran, les bateaux coupent presque toujours leur signal lorsqu’ils utilisent l’itinéraire soutenu par Washington.

Kpler et Lloyd’s combinent les signaux émis avant et après ces périodes d’extinction, l’imagerie satellitaire et des renseignements maritimes pour recenser ces traversées dites « fantômes ».

Lloyd’s a indiqué à l’AFP qu’il existait « une marge d’erreur », les images satellites n’étant pas toujours disponibles, tandis que Kpler a affirmé avoir « un niveau de confiance relativement élevé dans les flux agrégés », même si toutes les traversées ne peuvent pas être détectées en temps réel.

– Que valent les affirmations américaines? –

L’administration américaine a indiqué qu’environ 9 mb/j de pétrole transitaient par le détroit d’Ormuz. Cela dépasse de 1 mb/j la moyenne maximale sur une semaine observée par les sociétés de suivi. Un tel écart correspond à peu près au départ d’un très grand pétrolier pleinement chargé tous les deux jours.

Le secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a fait valoir que le gouvernement disposait d’informations plus complètes que les sociétés de suivi, affirmant que les autorités connaissent « chaque navire, sa cargaison (…) au sein des convois que nous faisons transiter ».

L’administration a également affirmé que près de 18 millions de barils avaient franchi le détroit au cours d’une période de 24 heures. Cette hypothèse ne peut être exclue, notamment si un grand nombre de navires ont transité sur un laps de temps resserré.

Les données disponibles ne corroborent toutefois pas l’affirmation de Donald Trump, relayée dans une publication sur Truth Social, selon laquelle un volume de 18 millions de barils par jour constituerait désormais la norme.

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